Animée par Sarr Bohé Marius, directeur d’entreprise et membre actif du club vert et rouge, accompagné de Me Yves Koné, médiateur professionnel, et de Me Agnini Miezan Sylvain, représentant de Me Bako Guillaume, avocat au barreau d’Abidjan, absent, la rencontre visait à éclairer l’opinion sur la situation actuelle du club et à analyser les failles du processus électoral en cours.
Dès l’entame, Sarr Bohé Marius a expliqué la démarche du Cadre de réflexion : et la légitimité du futur président « Nous avons analysé le processus électoral pour savoir s’il garantit réellement l’expression démocratique des membres », a-t-il déclaré. Selon lui, plusieurs irrégularités et incohérences entachent la procédure. Le comité électoral, installé le 15 octobre, a publié dès le lendemain un communiqué fixant un calendrier resserré : Dépôt des candidatures du 16 au 26 octobre, publication des listes le 27 octobre, élections prévues pour le 8 novembre. « Les acteurs du club n’ont même pas eu le temps de connaître les membres de ce comité, encore moins de comprendre les conditions fixées pour être candidat », a dénoncé M. Sarr.
Parmi ces conditions, figure l’obligation pour tout candidat d’être parrainé par au moins 50 membres disposant de deux ans d’ancienneté, et de justifier d’une participation de deux ans dans un bureau de l’Africa Sports. « Sur la base de ces critères, aucun membre ne peut légalement se présenter. À la date du 26 octobre, seuls 41 membres ont deux ans d’ancienneté. Cela signifie qu’aucun candidat ne peut réunir les 50 parrainages exigés », a souligné Sarr Bohé. Il a estimé que ces conditions ont été établies dans le seul but de verrouiller le scrutin : « Personne à l’Africa ne peut remplir ces critères. C’est une manière déguisée de bloquer le processus et de maintenir une seule équipe en place. »
Le conférencier a également pointé du doigt la concentration des pouvoirs entre les mains de certains membres du comité exécutif. « Les membres décideurs ont le pouvoir de convoquer l’assemblée générale à partir du 1er décembre si le comité électoral échoue à organiser les élections. Mais, selon les statuts, ils doivent être à jour de leurs cotisations. Or, à ce jour, seule une personne l’est », a-t-il révélé, soulignant que ces dispositions étaient valables seulement pour l’Assemblée générale élective de 2021 qui a porté Kuyo Téa à la présidence de l’Africa sports. Sarr Bohé a mis en garde contre toute tentative de prise en otage du processus électoral. « Il faut éviter que l’Africa tombe dans une situation de normalisation ou qu’on s’arroge le droit de créer une transition illégitime. Les membres décideurs n’ont pas ce pouvoir », a-t-il insisté.
Malgré les tensions, le Cadre de réflexion dit vouloir rester une force de proposition et non de division. « Nous avons un programme, une vision claire pour un Africa Sports fort et crédible. Nous ne sommes pas contre la direction actuelle, mais nous voulons que les règles soient respectées et que l’élection soit ouverte à tous », a précisé le conférencier.
Concernant la situation sportive du club, il s’est voulu rassurant et optimiste. « Cela fait quatre ans que l’Africa est en D2, mais nous croyons encore à la montée. Nous avons sept points de retard sur le leader et la deuxième place permet de jouer les barrages. Rien n’est perdu », a-t-il confié, appelant également à l’unité autour du club. En conclusion, le Cadre de réflexion des membres actifs invite tous les acteurs du club à rejoindre cette dynamique constructive. « Nous restons ouverts au dialogue. Tant que le comité exécutif respectera les statuts et la transparence, nous serons prêts à collaborer pour que l’Africa Sports retrouve sa place parmi les grands du football ivoirien », a conclu M. Sarr.
Axel KONE