Lundi 15 juin, à Atlanta, le Cap-Vert a marqué l’histoire de sa première participation à une Coupe du monde en obtenant un match nul retentissant face à l’Espagne (0-0), championne d’Europe en titre et candidate déclarée au sacre mondial. Pour leur baptême du feu dans la compétition, les Requins bleus ont parfaitement répondu aux ambitions affichées par leur sélectionneur Bubista, qui souhaitait « que tout le monde voie notre pays et notre équipe ». Le message est passé. Organisés, disciplinés et solidaires, les Capverdiens ont livré une prestation remarquable face à une Roja en manque d’inspiration offensive. Privés d’efficacité devant le but malgré leur domination, les Espagnols, qui avaient laissé Lamine Yamal sur le banc au coup d’envoi, se sont heurtés à un bloc défensif compact et à un gardien en état de grâce.
À 40 ans, Vozinha a réalisé l’une des performances les plus marquantes de sa carrière. Auteur de plusieurs arrêts décisifs, le portier capverdien a été élu homme du match. Ému après la rencontre, Josimar Dias de son vrai nom a évoqué sa « grande fierté » de représenter son pays. Il a également confié que sa mère n’avait pas pu assister à cette rencontre historique aux États-Unis en raison de difficultés administratives et financières liées à l’obtention d’un visa.
Dans le groupe G, la Belgique a également souffert face à une équipe d’Égypte ambitieuse et entreprenante. Les Pharaons ont pris les devants dès la 20e minute grâce à Emam Ashour, parfaitement servi par Mohamed Salah. Longtemps dominés, les Diables rouges ont évité la défaite grâce à un but contre son camp de Mohamed Hany à la 66e minute, provoqué par la pression de Romelu Lukaku, entré en jeu quelques minutes plus tôt. Le score final (1-1) reflète la résistance égyptienne face à l’une des sélections les plus expérimentées du tournoi. L’Uruguay de Marcelo Bielsa a également été contraint au partage des points contre l’Arabie saoudite (1-1). Peu inspirée durant la première période, la Celeste a été punie juste avant la pause par Abdulelah Al-Amri (41e). Les Sud-Américains ont montré un tout autre visage après le retour des vestiaires et ont finalement trouvé l’égalisation grâce à Maxi Araujo à dix minutes du terme (80e). Un résultat qui confirme les progrès constants du football saoudien sur la scène internationale.
Après plusieurs mois d’incertitudes concernant sa participation au tournoi, l’Iran a réussi son entrée en lice en obtenant un match nul spectaculaire face à la Nouvelle-Zélande (2-2) à Los Angeles. Les Néo-Zélandais ont pourtant mené à deux reprises grâce à un doublé d’Elijah Just (7e, 54e). Mais les Iraniens ont démontré une grande force de caractère pour revenir au score par Ramin Rezaeian (32e) puis Mohammad Mohebbi (64e).
Les petites nations écrivent la légende
Les performances du Cap-Vert, de l’Iran ou de l’Égypte rappellent que l’histoire de la Coupe du monde est jalonnée d’exploits réalisés par des sélections inattendues.En 2018, l’Islande avait frappé les esprits en tenant en échec l’Argentine de Lionel Messi (1-1) lors de son premier match en Russie.Huit ans plus tôt (2010), la Slovaquie avait créé l’une des plus grandes sensations du Mondial sud-africain en éliminant l’Italie, championne du monde en titre, grâce à une victoire mémorable (3-2) lors du dernier match de groupe.
Le Sénégal avait lui aussi marqué les esprits dès sa première participation en 2002. Opposés à la France, championne du monde et d’Europe en titre, les Lions de la Teranga avaient remporté le match d’ouverture grâce à un but de Papa Bouba Diop. Une victoire fondatrice qui les conduira jusqu’en quarts de finale. Plus loin encore dans l’histoire, la Corée du Nord avait stupéfié la planète football lors du Mondial 1966 en battant l’Italie (1-0) avant de mener 3-0 contre le Portugal en quart de finale, avant de finalement s’incliner face à l’équipe emmenée par Eusébio.
Ces premiers résultats confirment une tendance de fond : les nations émergentes ne se contentent plus de participer à la Coupe du monde, elles ambitionnent désormais de rivaliser avec les plus grandes. Le Cap-Vert, l’Égypte, l’Iran ou encore l’Arabie saoudite ont démontré que la hiérarchie du football mondial peut être bousculée à tout moment. À mesure que le tournoi avance, les favoris sont prévenus.Dans cette Coupe du monde 2026, aucun adversaire ne doit être sous-estimé.
E.KLOUAKOU