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Monsieur le Président de la République,
Chers compatriotes, Mesdames et Messieurs,
Le 15 juin 2025, je suis entrée dans la cathédrale de Bouaké. Aussitôt arrivée dans la cour, j’ai approché le prêtre chargé de célébrer la messe de 9 heures, afin de lui demander de bénir la longue marche pour la paix que je m’apprêtais à entreprendre la bénédiction a eu lieu au cours de la messe. À la fin de l’office, je suis allée le remercier chaleureusement, suite à ma demande, il a béni ma canne. Que le Saint-Esprit repose sur la cathédrale de Bouaké !
Juste après la messe, j’ai fait une déclaration à la presse. Puis l’action devait suivre l’engagement : C’est ainsi que j’ai posé le premier pas de cette longue marche pour la paix il devrait être 12h.
1-Sous le soleil
- le vent de dos
- le vent de face
- sous l’eau
-sous la pluie
j’ai marché.
Me voici!
2-J’ai traversé nos campements
-nos villages
-nos villes.
Me voici!
3-J’ai traversé notre savane - nos bas-fonds
- nos rizières
- nos champs d’ignames
- nos champs de maniocs
- nos plantations d’hévéa
- nos plantations de tecks
- la forêt classée Yapo Abbe
me voici!
4 – toujours sur le trottoir gauche : - de l’ancienne route de Bouake jusqu’à Singrobo,
-de l’autoroute du nord en passant par N’zianoua, Bodo, à la sortie d’Agboville.
Les véhicules lancés à plus de 140 km/h laissant derrière elle un vent chargé de poussière. - de la sortie Agboville de l’autoroute en passant par Aboudé, Agboville, puis la vois de Petit Yapo -Azaguié- Ayama Abobo, Adjamé. J’ai marché pendant cette longue marche, j’ai inhalé beaucoup de particules fines provenant des pots d’échappement et de la poussière beaucoup plus dans la ville d’Abidjan. Malgré cela, je n’ai pas pour autant arrêté de marcher.
Me voici.
J’ai rencontré des ivoiriens : - des jeunes
- des chefs traditionnels
- des musulmans tous surpris de mon acte mais tres heureux de cet initiative.
J’ai été accompagnée par leur prière.
Me voici !
J’ai marché parce que le silence de l’injustice est plus douloureux que la fatigue des pas. J’ai marché pour lancer, à l’endroit de tous, un cri pacifique. Un appel sincère afin que nous allions résolument vers une réconciliation vraie et durable. Je ne demande pas que nous oubliions notre passé. Mais nous ne devons pas non plus, à tout bout de champ, ressasser ce passé douloureux, au risque de nous conduire à notre propre autodestruction. Ce que nous avons perdu pendant les précédentes crises — une partie de notre peuple, une partie de nous-mêmes — est profondément douloureux.
Malheureusement, il nous faut dès aujourd’hui tourner la page, non pour nier la souffrance, mais pour choisir la vie et l’avenir. Refermons ensemble cette page d’inventaire du passé, et engageons-nous dans la construction de notre avenir commun. Car ce que nous avons à bâtir ensemble est bien plus grand que ce que nous avons perdu. Ça suffit. J’ai marché pour que quatre de nos compatriotes – quatre grandes voix de la Nation -puissent retrouver leur droit fondamental : celui de participer à la vie démocratique de notre pays.
Ces hommes, ces leaders politiques, sont des adversaires peut-être, mais ils ne sont pas des ennemis. Ils sont des Ivoiriens. Des fils de cette terre. Ils portent, qu’on le veuille ou non, une part du destin national. Leur exclusion ne soigne rien. Elle prolonge la fracture. Elle blesse la démocratie. Et la blessure de la démocratie nourri la vengeance. Et retarde la réconciliation.
Monsieur le Président de la république son excellence Alassane Ouattara, je suis venu vous dire ceci : l’amnistie n’est pas un abandon de la justice, c’est un acte de grandeur. Elle ne lave pas les fautes, mais elle panse les plaies. Elle ouvre un chemin. Elle permet au débat de remplacer le combat. À la politique de reprendre ses droits sur la vengeance.
Laissez ces quatre figures se présenter aux élections présidentielles d’octobre 2025. Laissez le peuple juger. Car en démocratie, c’est au peuple seul que revient le dernier mot. À vous, chers compatriotes, je dis ceci : ce combat n’est pas celui d’un homme, ni même de quatre. C’est le combat pour un État de droit. Aujourd’hui, ce sont eux. Demain, ce pourrait être n’importe qui d’entre nous. Défendre leurs droits, c’est défendre les nôtres.
Un message fort aux partisans de la violence
Monsieur le Président de la république faites ce geste. Ce geste d’un homme d’État. Ce geste d’un bâtisseur de paix. Ce geste qui restera dans l’Histoire. La réconciliation n’est pas un mot : c’est une décision. Par ce geste, Monsieur le Président de la République, vous adresserez un message fort aux partisans de la violence : que toute violence est vaine, tandis que la non-violence est vertueuse. Vous montrerez à notre jeunesse que dans notre république, la fermeté du coeur peut être plus puissante que les coups de poings.
Vous prouverez à la Nation que des actions pacifiques, fortes par leur courage et leur dignité, peuvent être couronnées de grandes concessions. Ce serait une victoire de la République sur l’instinct de la revanche. Une victoire de l’unité sur la division. Je vous en conjure, pour la stabilité de notre pays, pour la crédibilité de nos institutions, pour l’honneur de notre démocratie : prenez cette loi d’amnistie. Je suis venu à pied, mais c’est debout que je repars. Avec l’espérance chevillée au corps. Parce que je crois encore à la grandeur de notre pays.
Parce que je crois à la réconciliation, je crois profondément, que l’avenir de la République de Côte d’Ivoire ne se fera ni contre certains, ni sans eux, mais avec tous.
Vive la République. Vive la démocratie.
Vive la Côte d’Ivoire réconciliée
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire et nous accompagne.*
GNANGBO KACOU
NB : Les titres et les intertitres sont de la rédaction