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La scène, glaçante, a enflammé les réseaux sociaux. Dans une vidéo amateur devenue virale, un homme visiblement remonté, vêtu d’un tee-shirt jaune, d’un pantalon noir et d’un gilet traditionnel, exhibe une machette et un couteau, et promet d’en faire usage contre un autre citoyen ivoirien.
Son tort ? Avoir tenu, selon lui, des propos jugés hostiles au président Alassane Ouattara. Se présentant comme un fervent militant du RHDP originaire de Man, l’homme profère de violentes menaces de mort, promettant de « régler le compte » de l’internaute.
« Moi je jure, je jure sur la tombe de mon papa… lui seulement là, c’est ce couteau-là que je vais prendre pour l’égorger, puis je vais le découper avec la machette », déclare-t-il face caméra, avant d’ajouter : « Chasse à l’homme, c’est ce que moi je vais faire sur toi. »
Dans un contexte électoral déjà sensible, la diffusion massive de cette vidéo a immédiatement suscité indignation, inquiétude et condamnation sur les réseaux sociaux. La Plateforme de Lutte contre la Cybercriminalité (PLCC) a donc ouvert une enquête, avec l’appui technique de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI).
Ce vendredi 4 juillet, la PLCC a annoncé l’interpellation de l’auteur de la vidéo, identifié par ses initiales ID, artisan mécanicien. L’homme a été localisé et arrêté, puis déféré devant le parquet. Il est poursuivi pour menaces de mort et incitation à la haine, conformément à la loi n°2013-451 relative à la lutte contre la cybercriminalité et aux articles 365 à 373 du Code pénal.
Lors de son audition, ID a affirmé avoir agi « sous le coup de l’émotion », après avoir visionné une vidéo dans laquelle l’activiste visé tenait, selon lui, des propos hostiles à l’encontre du président Ouattara.
Mais pour les autorités, cette justification ne suffit pas. « La liberté d’expression s’arrête là où commencent la menace, la violence et la division », rappelle la PLCC, qui invite à la retenue en cette période électorale. ID encourt une peine d’emprisonnement ferme allant de 5 à 20 ans, selon la gravité des faits retenus à son encontre.
E.KOUAKOU