Un revers douloureux, mais porteur d’enseignements pour l’avenir du football féminin ivoirien. En effet, l’apprentissage des Eléphantes a été difficile, certes, mais porteur d’espoir. Celui d’une Côte d’Ivoire féminine qui apprend, progresse et rêve déjà de revenir plus forte.
Face à une équipe espagnole sûre de son jeu et techniquement au-dessus, les joueuses d’Adélaïde Koudougnon ont tenu bon durant une première période solide, où discipline, tactique et combativité ont freiné les offensives ibériques.
Mais au retour des vestiaires, la machine espagnole s’est mise en route. En onze minutes seulement, Claudia Barrios a inscrit un doublé (50e, 61e), avant qu’Iraia Fernandez ne scelle le sort de la rencontre à la 88e minute.
Malgré les efforts et la solidarité collective, la Côte d’Ivoire s’incline pour la deuxième fois consécutive, après la défaite (0-3) contre la Colombie mercredi dernier. Les Éléphantes terminent à la dernière place du groupe E avec un point, celui du nul encourageant (1-1) obtenu face à la Corée du Sud lors du match d’ouverture. La Corée devance d’ailleurs la Côte d’Ivoire au fair-play, laissant les Ivoiriennes à la quatrième place.
Cette élimination ne doit pas masquer l’essentiel : les Éléphantes U17 ont écrit une page historique en participant pour la première fois à une Coupe du monde féminine. Ce groupe, formé en majorité de jeunes joueuses locales, a affronté des nations rompues aux joutes internationales. Elles ont appris dans la difficulté, mais aussi découvert le haut niveau, sa rigueur, ses exigences et sa vitesse d’exécution. « Nos filles ont montré du caractère et du potentiel. Ce qu’elles ont vécu ici vaut des années d’expérience », confiait un membre du staff technique après la rencontre.
Dans cette compétition,le parcours des Éléphantes met en lumière le besoin d’un travail de fond dès les catégories U13 et U15 pour préparer durablement les futures générations. Ces matchs face aux meilleures équipes du monde montrent que l’expérience du haut niveau est irremplaçable pour progresser. Et la mentalité est une base solide à renforcer pour bâtir une équipe conquérante. L’élimination n’est pas une fin, mais un point de départ.
La Fédération ivoirienne de football (Fif) et la direction technique nationale devront capitaliser sur cette première participation en structurant un plan de développement du football féminin, incluant des championnats jeunes réguliers et mieux encadrés, un suivi technique individualisé pour les joueuses prometteuses et un calendrier international plus dense pour maintenir la compétitivité. L’histoire retiendra que les Éléphantes U17 ont osé se frotter au monde et en sont revenues grandies.
Axel KONE