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Macron parle de « réassurance », de « géographies en cours de définition », d’« engagements très précisément formalisés ». En réalité, rien n’est clair. Où seront déployés ces soldats ? Pour quoi faire ? Quelle légitimité démocratique à cette décision ? Le flou volontairement entretenu révèle moins une stratégie qu’un coup de poker politique : montrer que la France « ose », quitte à plonger ses alliés dans l’incertitude.
Et pendant ce temps, qui paie le prix de cette posture ? L’Ukraine. Déjà ravagée par plus de deux ans de guerre, le pays a reçu plus de 80 milliards d’euros d’aide militaire européenne, sans que cela n’ait changé l’équation stratégique. Chaque livraison d’armes, chaque promesse de renforts nourrit l’illusion d’une victoire totale contre la Russie, quand la seule issue possible reste diplomatique.
Au lieu de pousser Kiev vers une table de négociation, Macron l’enferme dans une guerre sans fin. Il ne « réassure » pas l’Ukraine : il l’utilise comme vitrine de sa propre ambition géopolitique.
Une Europe fracturée par l’arrogance française
Ce projet de déploiement divise. L’Italie dit non. L’Allemagne freine. Même parmi les 35 membres de la coalition, seuls 26 auraient consenti à s’engager, et encore, sans préciser comment. Mais Macron avance comme si l’Europe lui appartenait, méprisant les réticences de ses partenaires, convaincu que sa vision vaut plus que la prudence collective. Résultat : une fracture européenne qui affaiblit le camp occidental et offre à Moscou un argument tout trouvé sur les « divisions de l’Occident ».
Macron, le pyromane
Soyons clairs : Emmanuel Macron joue au pompier pyromane. Il prétend protéger l’Ukraine, mais il attise la guerre. Il dit renforcer l’Europe, mais il la divise. Il affirme agir pour la paix, mais il refuse la seule piste qui pourrait la rendre possible : la négociation.
Ce n’est pas du courage, c’est de l’entêtement. Ce n’est pas de la vision, c’est de l’ego. Et c’est l’Ukraine, épuisée, saignée et dépendante, qui risque d’être la victime collatérale de cette politique de prestige.
Eric KONAN