Ainsi, la captation de toutes les rencontres de Ligue 1, Ligue 2, D3, Football Féminin, District… organisées par la Fif est interdite aux services de communication des clubs. D’ailleurs, Inova Sporting Club Association (Isca) a vu son staff-media éconduit le 22 novembre dernier, lors du duel avec l’Asec Mimosas à Bingerville, à titre d’exemple. Si « la propriété des images-vidéo » a été cédé de façon exclusive à un diffuseur, les coachs, eux, ne sont pas heureux de devoir se passer du visionnage vidéo.
A la vérité, tous les matches du calendrier de la Fif ne bénéficient pas de captation de la télévision à laquelle les images ont été cédés. Les staffs techniques des clubs trouvent cette situation inconfortable. En témoignent les réactions. « Cette décision a un très mauvais impact dans ce sens que on ne peut plus analyser les matchs pour identifier les problèmes de jeu et avoir une base de travail. Ce qui impacte directement sur la progression générale de l’équipe mais aussi celle des joueurs individuellement vu qu’on a plus d’image pour les séances vidéo, qui constituent des séances à part entière permettant de montrer aux joueurs leur erreurs individuelles donc un atout pour leur amélioration individuelle. Ils doivent permettre qu’on filme nos matchs qui ne sont pas pris en charge par les diffuseurs », a confié Oussou Israël à la tête du staff technique de Mouna Fc, 4e de la Ligue 1 Lonaci. En Ligue 2, l’impact semble plus ressenti.
Pierre Marioti, le manager d’Issia Wazy, lanterne rouge dans le groupe A, après 10 journées, avoue ne pas comprendre cette décision. « Les raisons évoquées me semblent bizarres, surtout que nous, en Ligue 2, ne sommes pas retransmis par Canal+. (…) on revient à l’archaïsme du football. On revient à des pratiques ancestrales du football. Il faut se déplacer pour aller voir le futur adversaire ou envoyer des observateurs », a expliqué le technicien français.
Félix Bouazo, coach de l’US Fermier d’Agnibilékro (7e) estime qu’interdire à une équipe de filmer ses propres matches, » c’est pénaliser les staffs techniques ». « C’est une décision qui n’est bénéfique ni pour les clubs, ni pour les entraineurs. Nous sommes nombreux qui pensons ainsi et je crois qu’au-delà de la contestation, c’est un cri de cœur que je lance à l’endroit de la FIF. Une chose est d’interdire les directs, une autre est d’empêcher les entraîneurs de travailler convenablement », a-t-il déploré.
Face à cette situation, l’entraîneur Boudo Mory de Yamoussoukro FC pense que « la seule solution c’est de permettre aux clubs de reprendre la captation des matchs ». L’entraîneur de l’Ecole de Football Yéo Martial (Efym) fait remarquer que « dans un cadre professionnel, c’est une décision qui a un impact pour ceux qui utilisent la vidéo ». Il se pose la question de savoir « combien sommes-nous qui bossons dans un cadre professionnel ?».
De quoi faire réagir Julien Chevalier qui reconnait qu’il y a « des réflexions à faire » pour impérativement, « faire évoluer le contexte du championnat local ».
Firmin Koffi, coach de l’Afad, actuel leader de Ligue 1, partage la position de ses collègues entraîneurs. Il espère « vivement qu’une solution adéquate soit trouvée pour le bonheur des acteurs ». Espérons que les préoccupations de ces entraîneurs seront prises en compte par la Fif.
A.KOUAKOU