Au-delà des propositions, Ouallo Jean-Luc, secrétaire général adjoint chargé de ce pilier, est longuement revenu sur les choix territoriaux opérés depuis 2001 et a notamment mis en cause la gestion des douze districts autonomes créés en 2021 puis supprimés en 2026.
Créés par le décret n°2021-276 du 9 juin 2021, ces districts étaient au nombre de douze : Bas-Sassandra, Comoé, Denguélé, Gôh-Djiboua, Lacs, Lagunes, Montagnes, Sassandra-Marahoué, Savanes, Vallée du Bandama, Woroba et Zanzan. Ils s’ajoutaient aux districts autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro. le gouvernement expliquait alors que cette réforme devait renforcer le maillage territorial, améliorer la coordination des projets et rapprocher l’action publique des populations.
Cinq ans plus tard, l’expérience a pris fin. le décret n°2026-05/2 du 7 janvier 2026 a abrogé le texte de 2021. le centre national de documentation juridique confirme cette abrogation, qui entraîne la suppression des douze districts concernés. le transfert du personnel et du patrimoine vers les circonscriptions administratives et les collectivités territoriales doit être précisé par arrêté du premier ministre. Le Ppa-ci avance également une estimation de près de 60 milliards de Fcfa consacrés au fonctionnement de ces douze districts sur cinq ans. Selon le parti, chaque district aurait reçu environ un milliard de Fcfa par an. Il demande que soient établis les montants réellement alloués et leur utilisation.
Autre sujet soulevé, la superposition des autorités locales. Le Ppa-ci s’interroge sur la coexistence des vice-gouverneurs, préfets, présidents de conseils régionaux et maires. le parti demande notamment si ces structures ont été créées « pour servir les populations ou pour récompenser des personnalités ».
La formation politique remet par ailleurs sur la table le dossier du transfert de la capitale politique à Yamoussoukro. Elle déplore l’arrêt du programme spécial de transfert de la capitale et estime que ce projet aurait pu contribuer à une meilleure répartition des activités et des investissements sur le territoire. Sur le plan des solutions, le Ppa-ci propose de clarifier les compétences entre l’état, les régions et les communes. Il demande également des transferts financiers plus prévisibles, une meilleure mobilisation des recettes locales et une professionnalisation des administrations territoriales.
Le parti veut aussi développer la digitalisation du recouvrement, les partenariats public-privé, l’intercommunalité et la participation des citoyens. Il propose enfin un système d’information territoriale permettant de suivre les budgets, les investissements, les marchés publics et les projets réalisés dans chaque territoire. Le cadre du Ppa-ci a estimé que le développement national doit partir davantage des territoires. Agriculture, pêche, élevage, tourisme, artisanat, commerce ou économie numérique doivent, selon lui, servir de leviers pour créer des emplois et des revenus au niveau local.
« Aucune compétence sans ressources correspondantes. la décentralisation ne saurait être réduite à une simple organisation administrative. le développement doit partir des territoires et bénéficier aux territoires », a affirmé M. Ouallo.
Axel KONE