L’article 61 de la Constitution sénégalaise précise clairement qu’un député qui fait l’objet d’une condamnation pénale définitive est radié de la liste des parlementaires sur demande du ministère de la Justice. C’est exactement ce qu’il s’est passé pour le maire de Dakar car le garde des sceaux, Ousmane Diagne, a saisi le bureau de l’Assemblée nationale qui a procédé à la radiation de Barthelemy Dias.
Le motif ? Sa condamnation à 2 ans de prison, dont 6 mois ferme, confirmée par la Cour suprême en décembre 2023. Barthelemy Dias avait alors été reconnu coupable de la mort d’un homme, Ndiaga Diouf, tué par balle en 2011 devant la mairie de Mermoz-Sacré Cœur qu’il dirigeait à l’époque.
Du point de vue juridique, il s’agit d’une procédure administrative classique, affirment les différents acteurs politiques. Mais du côté de l’opposition, on s’interroge. Pourquoi avoir laissé Barthélémy Dias se présenter aux législatives alors qu’il était condamné depuis décembre 2023 et qu’il aurait pu être d’emblée déclaré inéligible, s’interroge un député de la coalition de l’ancien Premier ministre Amadou Ba. Moussa Sarr, élu à Podor dans le nord du pays estime que laisser quelqu’un faire campagne pour ensuite le radier n’a pas de sens et que c’est du gachis.
Abdou Mbow, député de la coalition Takku Wallu emmenée par l’ex-président Macky Sall, va plus loin. Il dénonce une « forfaiture » et la précipitation du garde des sceaux à saisir l’Assemblée nationale sur ce cas. Il promet de déposer un recours.
Barthelemy Dias, de son côté, n’a pas réagi au moment de la publication de cet article. Le maire de Dakar pourrait également perdre la mairie de la capitale qu’il dirige depuis les élections locales de 2022 mais cela n’a rien d’automatique. Il faudrait d’abord que le ministre des Collectivités territoriales ouvre une autre procédure et la motive.