Arouna Koné, vous avez disputé la Coupe du monde avec les Eléphants en 2006. 20 ans après, vous assistez au Mondial en tant que dirigeant de club et ancien international. Comment vivez-vous cette compétition dans les tribunes ?
C’est très passionnant, c’est sensationnel même, parce que quand on joue, on n’a pas la même manière de sentir la chose. Les supporters sont dans les tribunes, ils ont une manière de vivre les matchs. Et nous, par contre, sur le terrain, c’est aussi avec toute la pression qu’on a. Et puis, c’est maintenant que je me rends compte que les supporters aussi vivent la même pression. Parce que quand tu es là, je suis dans les tribunes, je regarde, j’ai la pression autant que les joueurs. On veut gagner et chaque touche de balle, chaque occasion, ça nous touche dans les tribunes. Franchement, c’est très passionnant, mais il faut le reconnaître, c’est stressant. Aujourd’hui, on peut comprendre plus ou moins la réaction de certains supporters. En plus, moi, je suis en train de profiter. Du haut de la tribune, je vois comment les joueurs sont aimés par les supporters, comment ils font tout pour supporter, amener leur équipe à gagner. C’est passionnant.
Quel regard portez-vous sur l’équipe et surtout ces jeunes, leur parcours et leur comportement dans cette compétition ?
De manière générale, je trouve qu’on a bien commencé. On a pris 3 points sur 6. C’est déjà bon. On a gagné le premier match qui nous met en confiance, et peut nous rassurer pour la suite de la compétition. Le fait de gagner son premier match, motive les joueurs. On croise l’Allemagne avec beaucoup de confiance, jusqu’à ce qu’on leur crée des problèmes. N’eut été ce but qu’on nous remarque à la dernière minute, je pense que le jeu était équilibré. C’était du 50-50. Et c’est parce qu’on a gagné le premier match. On a présenté une bonne figure jusqu’à actuellement. Pour terminer sur la bonne note, il faut gagner ce troisième match. Ou tout au plus, prendre ce petit point pour pouvoir sortir de cette poule.
Justement, ce troisième match, c’est contre Curaçao, une petite équipe qui a des ambitions dans cette Coupe du Monde…
Il y a vraiment beaucoup d’attentes par rapport à ce match. Parce qu’aujourd’hui, contrairement aux autres Coupes du Monde qu’on a jouées, je pense que c’est la première fois qu’on se retrouve dans une situation moins compliquée. Même si c’est vrai qu’il n’y a plus de petite équipe. Je veux dire qu’on gère bien le premier match. On croise l’Equateur, ensuite l’Allemagne et au troisième match, Curaçao qui est le petit poucet de notre poule. Ça veut dire que le calendrier nous est favorable. Il faut vraiment profiter de cette opportunité pour sortir de cette poule. Il n’y a plus de petite équipe. Il faut prendre ce match avec beaucoup de sérieux. Il faut jouer Curaçao comme si notre vie en dépendait. Il ne faut pas les sous-estimer.
On a vu comment ils ont joué contre l’Equateur. Ils sont allés chercher ce match nul. Pour leur première Coupe du Monde, lls arrivent à avoir un point. Pour eux, c’est un espoir. Ils ont commencé à rêver. S’ils font un bon résultat contre la Côte d’Ivoire, ils peuvent être parmi les huit meilleurs troisième. Ou peut-être terminer deuxième si jamais l’Equateur perd contre l’Allemagne. Aujourd’hui, il faut rester concentré. Il faut jouer avec beaucoup de détermination, garder la concentration jusqu’au coup de sifflet final. Il ne faut pas penser que, même s’il reste deux secondes, le match est terminé. Ce genre de match, il faut le jouer à fond.
Comment voyez-vous l’avenir de cette équipe nationale dans cette Coupe du Monde, mais aussi pour la suite ?
Moi, j’ai confiance en cette équipe. Personnellement, je nous vois en quarts de finale. Et en quarts de finale, on peut rêver. Ça va être difficile de nous éliminer. Parce qu’à partir de là, ça sera aussi une autre compétition. Nos jeunes joueurs vont commencer à rêver. Ça peut être bon pour nous. On a quand même une belle génération qui est en train de naître. D’après les statistiques qu’on a vues, c’est la plus jeune équipe de cette compétition. Ça veut dire que l’avenir pour nous est radieux. Ça nous rassure qu’aujourd’hui, on est partis pour les dix prochaines années avec une bonne équipe, avec de très bons joueurs, comme le jeune Christ Inao qui joue déjà sa première coupe du monde. Pour la suite, je pense que c’est très rassurant.
Les supporters ivoiriens qui sont aussi exigeants que versatiles ne voient pas les choses comme vous.
Effectivement, les Ivoiriens sont vraiment très exigeants. Mais il va falloir être un peu indulgent. Au football, chaque match a ses réalités. Il ne faut pas tirer tout le temps sur nos joueurs. Il faut mettre les joueurs en confiance. C’est ce qui est bon pour nous. Il est bon de rester soudé derrière notre équipe nationale, comme on l’a fait lors de la Can 2023, chez nous en Côte d’Ivoire. On a vu la suite. Quand tous les Ivoiriens sont réunis derrière l’équipe nationale, on voit qu’il n’y a rien qui peut nous arrêter.
C’est ce qu’on demande aux gens. Ça n’empêche pas qu’on peut critiquer, mais il faut que ce soit des critiques constructives. Il faudrait accompagner ces joueurs avec beaucoup de prière.
Source L’inter