Les principaux partis et groupements politiques de l’opposition ivoirienne veulent être pleinement associés à la réforme du système électoral. Lors d’un point-presse tenu le mardi 13 octobre 2026, à la Maison du Pdci-Rda, à Cocody, ces formations politiques ont lancé un appel au gouvernement en faveur d’un dialogue national sur le nouvel organe électoral.
La déclaration commune a été lue par Georges Philippe Ezaley, vice-président du Pdci-Rda, en présence notamment de Simone Gbagbo, de Pascal Affi N’Guessan, de Charles Blé Goudé, d’Ahoua Don Mello et d’Israël Guebo, représentant Assalé Tiémoko Antoine, ainsi que de plusieurs autres membres de l’opposition.
Dans leur déclaration, les signataires indiquent avoir adressé, le lundi 12 octobre, un courrier commun à la Primature pour solliciter l’ouverture de ce dialogue par l’entremise du Premier ministre. Leur objectif est de parvenir à un accord sur les conditions d’organisation d’élections transparentes et apaisées, dont les résultats reflètent fidèlement la volonté des électeurs.
« À deux reprises, les partis et groupements politiques de l’opposition ont répondu favorablement à l’invitation du gouvernement concernant le nouvel organe électoral et ont honoré les rendez-vous fixés », rappellent-ils, estimant que leur démarche s’inscrit dans un esprit d’ouverture auquel ils attendent désormais une réponse favorable du gouvernement.
Des garanties pour restaurer la confiance électorale
Pour les signataires, la réforme doit tirer les leçons des crises électorales antérieures. Ils mettent notamment en cause les défaillances de l’ancienne Commission électorale indépendante (Cei), dont l’impartialité a été contestée et qui, selon eux, n’a pas réussi à instaurer une confiance partagée entre les acteurs politiques.
L’opposition préconise ainsi un dispositif reposant sur des responsables compétents et indépendants, une désignation transparente et consensuelle de ses dirigeants, une autonomie effective vis-à-vis du pouvoir politique et un contrôle impartial de l’ensemble du processus électoral.
Les partis signataires réclament une liste électorale fiable, soumise à un audit indépendant et régulièrement actualisée. Ils insistent sur la nécessité de permettre aux citoyens remplissant les conditions requises, notamment les nouveaux majeurs, de s’inscrire sur les listes électorales.
Autres exigences : la traçabilité complète des opérations, l’accès aux procès-verbaux, la publication des résultats détaillés bureau de vote par bureau de vote et l’existence de voies de recours impartiales pour régler les différends. Pour l’opposition, ces mécanismes doivent permettre de vérifier les résultats et de réduire les risques de contestation.
Les signataires ne veulent pas d’une réforme dont les grandes orientations seraient arrêtées sans concertation préalable. « Une présentation par le gouvernement de décisions déjà arrêtées sans concertation avec l’opposition ne répondrait pas à notre demande », préviennent-ils.
Ils souhaitent que les propositions de chaque partie soient examinées, que les désaccords soient discutés et qu’un accord écrit soit obtenu avant la finalisation et l’adoption des textes. Le dialogue envisagé devrait réunir le gouvernement, les partis de la majorité et de l’opposition, ainsi que des organisations de la société civile choisies de manière consensuelle.
Se disant prêts à présenter leurs propositions et à travailler de bonne foi, les partis de l’opposition appellent le gouvernement à répondre favorablement à leur requête et à proposer rapidement une rencontre préparatoire. Ils invitent enfin les Ivoiriens à soutenir cette démarche pacifique, tout en sollicitant l’accompagnement des partenaires régionaux et internationaux, dans le respect de la souveraineté nationale.
« Notre engagement est clair : défendre le suffrage, rechercher le consensus et préserver la paix », concluent-ils, affirmant leur volonté de voir chaque citoyen choisir librement ses dirigeants et avoir la certitude que son vote sera respecté.
E.KOUAKOU