Plaidoyer du Dg Adama Doumbia pour une participation massive aux compétitions
Le manque de ressources ne justifie pas cette attitude parce que l’engagement aux compétitions de l’Oissu pour toute l’année est de 5000 Fcfa pour le primaire et 10. 000 Fcfa pour le secondaire. Quant au coût de la licence, il est respectivement de 400 Fcfa (primaire), 500 Fcfa (secondaire) et 600 Fcfa (supérieur) par élève et étudiant. Ainsi, avec moins de 20 000 Fcfa, un chef d’établissement peut aisément engager non seulement son établissement mais aussi des équipes et des athlètes aux compétitions. Surtout que l’Oissu prend en charge les frais de transport, d’hébergement et de restauration lorsque l’établissement doit participer à une compétition en dehors de sa localité.
Pourquoi alors les chefs d’établissement privent-ils les élèves des compétitions de l’Oissu qui contribuent aussi à leur formation, à leur santé et même à leur avenir professionnel ? Pourquoi ignorent-ils les textes régissant le sport à l’école (décret 98 sur l’Education Physique et Sportive), le décret de 2013 portant organisation et fonctionnement de l’Oissu, les arrêtés interministériels sur les Associations Sportives d’Etablissement (Ase) ?
Face à cette situation, le Directeur Général de l’Oissu, M. Adama Doumbia, lance un appel fort à la mobilisation des chefs d’établissement pour la saison sportive 2025-2026, au cours de sa conférence de presse du jeudi 25 septembre 2025 au stade Félix Houphouët-Boigny. Pour lui, en effet, relancer le sport à l’école ce n’est pas seulement une question d’activités physiques, mais aussi un enjeu de formation, de cohésion sociale et de citoyenneté.
Acteurs clés du renouveau sportif
« Les chefs d’établissement ont la décision finale d’engager ou non leur école dans les compétitions de l’Oissu. Ils tiennent entre leurs mains la clé de la participation des élèves », soutient M. Doumbia, interrogé en marge de cette conférence de presse. Il insiste sur le rôle central des responsables d’écoles, collèges, lycées et universités dans la réussite du programme national de sport scolaire et universitaire.
Pour lui, le refus ou le désintérêt pour ces compétitions prive les jeunes « d’un cadre d’épanouissement complet, qui allie l’éducation intellectuelle, physique et morale ». « Nous n’avons pas le droit de priver nos enfants de ce dont nous avons bénéficié nous-mêmes », martèle-t-il, rappelant combien le sport scolaire a façonné la personnalité et la discipline de générations entières de cadres ivoiriens.
Le sport, une école de vie
Adama Doumbia souligne que la pratique sportive à l’école est bien plus qu’un loisir. Elle permet aux élèves « d’évacuer le stress, de renforcer leur estime de soi, et surtout d’apprendre les valeurs fondamentales : courage, dépassement de soi, esprit d’équipe, respect de l’autre et solidarité ». « Quand le sport est parti de l’école, la violence est entrée à l’école », fait-il remarquer, appelant à rétablir l’esprit collectif et la camaraderie qu’apportent les compétitions. Il soutient à juste titre que le sport scolaire est une école de citoyenneté qui enseigne l’amour du drapeau et le respect des règles, autant de vertus nécessaires à la vie sociale.
En effet, l’Oissu n’est pas qu’un cadre de loisirs, c’est aussi un tremplin vers l’excellence. M. Doumbia rappelle que de nombreux anciens participants aux compétitions scolaires sont devenus internationaux de haut niveau, à l’image de l’ex international des Eléphants, Kalou Bonaventure ou l’ex gardien de but de l’équipe nationale de football, vainqueur de la Can Sénégal 92 et la Can Côte d’Ivoire 202, Alain Gouaméné, passés des terrains scolaires aux stades professionnels.
Il indique que la participation aux tournois de l’Oissu ouvre également des opportunités académiques et culturelles, la découverte d’autres régions du pays, la participation à des rencontres internationales, la possibilité pour les élèves de représenter la Côte d’Ivoire à l’étranger. M. Doumbia révèle le témoignage particulièrement marquant d’un parent d’élève de la ville de Nassian (Nord-est du pays), dont le fils a pris l’avion pour la première fois grâce à sa sélection dans l’équipe nationale scolaire. « Ce jeune n’a pas seulement voyagé, il a grandi. Il a appris la fraternité, la discipline et le respect à travers le sport », rapporte le DG.
Le patron de l’Oissu estime que « le coût n’est pas une barrière », surtout que les établissements bénéficient déjà de subventions publiques destinées aux activités sportives et culturelles. Par ailleurs, la mise en place d’un portail numérique simplifie désormais toutes les démarches : inscription, paiement, gestion des licences et suivi des résultats. Cette innovation permet aussi de lutter contre les fraudes et de moderniser la gouvernance du sport scolaire, en offrant une meilleure transparence aux partenaires et sponsors.
Un devoir éducatif et national
En conclusion, le Dg appelle les responsables d’établissements à prendre pleinement leur part dans cette relance nationale du sport scolaire et universitaire : « L’État a fait sa part : il réhabilite les infrastructures, il encadre, il investit. À présent, il revient aux chefs d’établissement de faire leur part, en permettant aux élèves de vivre le sport, de s’épanouir et de rêver. » L’objectif est de « bâtir un sport scolaire fort, inclusif et formateur, véritable socle du sport de haut niveau et de la cohésion nationale ». « Former un bon élève, c’est aussi former un bon citoyen et cela passe aussi par le terrain », rappelle le Directeur Général de l’Oissu.
Eric KOUAKOU