Au-delà de l’enjeu, ce choc porte la marque d’une rivalité historique. Le Mali mène légèrement au bilan global des confrontations (5 victoires contre 4), mais la dynamique récente est ivoirienne : trois succès consécutifs, dont une démonstration (90-67) lors de l’Afrobasket 2021. Ce nouvel affrontement pourrait donc marquer un tournant dans la hiérarchie régionale. Les Éléphants abordent ce quart de finale avec des chiffres qui parlent pour eux. Avec une moyenne de 78,3 points par match (contre 71 pour le Mali), la sélection dirigée par Miguel Hoyo figure parmi les attaques les plus redoutables du tournoi. Leur force réside aussi dans leur capacité à capitaliser sur les erreurs adverses : 20,3 points inscrits sur balles perdues, record de la compétition, ainsi qu’une domination affirmée dans la raquette (36 points de moyenne à l’intérieur).
Les individualités confirment ce visage collectif. Matt Costello (2,08 m) est déjà à 30 points et 24 rebonds depuis le début du tournoi. Assemian Moularé, révélation ivoirienne, affiche 37 points et une maturité qui impressionne. Solo Diabaté, vétéran de 38 ans, brille derrière l’arc (5 tirs primés réussis sur 9 tentés) et jouera presque à domicile, lui qui évolue à l’Atlético Petroleos de Luanda. Deuxième nation africaine au classement FIBA (31ᵉ mondiale), la Côte d’Ivoire assume son statut de favorite.
Les Aigles maliens ne se présenteront pas en victimes expiatoires. Leur secteur intérieur figure parmi les plus puissants du tournoi, avec une moyenne de 46,8 rebonds par match, nettement supérieure à celle de la Côte d’Ivoire (39). Mais cette domination physique s’accompagne d’une irrégularité dans la finition, qui les rend parfois vulnérables. Leur joueur phare reste Aliou Fadiala Diarra (2,08 m), MVP face à la Guinée (15 points) et déjà auteur de 35 points et 28 rebonds dans la compétition. Le Mali dispose également d’une arme redoutable en transition : 17,5 points en contre-attaque par rencontre, une statistique qui pourrait peser lourd si la Côte d’Ivoire perd trop de ballons.
Une bataille de styles
Tout oppose ou presque ces deux formations. La puissance intérieure malienne contre la discipline et l’efficacité offensive ivoirienne. Pour franchir cet obstacle, les vice-champions d’Afrique devront maintenir leur rigueur défensive et contenir les envolées athlétiques de leurs voisins.
Axel KONE