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Cette cinquième déclaration relative à la vie de la nation est intervenue suite à une réunion du Cadre restreint de Gps tenue le samedi 20 juillet 2024 à Abidjan. Ce cadre a évoqué les tentatives d’échanges téléphoniques entre Guillaume Soro et Alassane Ouattara depuis 2020. « Quand en juillet 2020 survint le décès tragique du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, imaginant sa grande douleur et sa tristesse, M. Soro se fit le devoir d’appeler le président Ouattara pour lui présenter ses condoléances, en vain. Il dut se résoudre à les transmettre par le canal de l’actuel ministre des Transports, M. Amadou Koné, neveu du défunt », apprend-on.
Le Cadre restreint de Gps a estimé que « cette démarche insistante et sincère » aurait dû être l’amorce d’une décrispation. « Un an plus tard, en 2021, à la mort du Premier ministre Hamed Bakayoko, une fois encore, M. Soro tenta de joindre le président Ouattara pour lui présenter ses condoléances. Ses tentatives furent toutes éconduites », lit-on encore.
Les collaborateurs de Guillaume Soro ont souligné que le président de Gps fait la part des choses entre « la compétition politique » et le reste. « M. Soro a fortement regretté que le président Ouattara ait refusé tout contact dans de telles circonstances douloureuses pour la nation. M. Soro, enraciné dans la tradition africaine, fait remarquer que dans bien des us et coutumes africaines, toute querelle, aussi forte soit-elle, s’efface devant la mort », rapporte le texte.
Le camp Soro avance ainsi qu’il a toujours agi en homme d’État, en prenant en compte les responsabilités étatiques qu’il a assumées à un jeune âge. Et ce, malgré ses brouilles avec le président Alassane Ouattara. « Contrairement à ce qu’on peut penser, M. Soro, se postant à la hauteur de ce qu’on peut espérer d’un homme d’État et en dépit des différends graves avec le président Ouattara, s’est imposé d’appeler au téléphone celui-ci, au nom de l’intérêt supérieur de la paix et de la réconciliation nationale », explique-t-on.
Sur la question de la libération des prisonniers civils proches de Guillaume Soro, le Cadre restreint de Gps a signifié que l’ex-Premier ministre a pris l’initiative d’appeler le président de la République pour deux raisons. « La première pour lui dire sa satisfaction et ses remerciements pour l’élargissement de ses compagnons emprisonnés. La deuxième pour lui demander l’apaisement et lui réitérer ses mots d’excuses qu’il avait déjà publiquement exprimés au mois de septembre 2018 », clarifie-t-on.
Au passage, le camp Soro a dénoncé des fuites autour des conversations téléphoniques entre le leader de Gps et le chef de l’État. « Vous conviendrez que la préoccupation réside dans le fait que l’on ne puisse avoir un échange téléphonique avec une autorité d’une aussi grande importance et en préserver la confidentialité », fait-on observer.
Disposé à poursuivre les échanges
Le Cadre restreint de Gps a, par ailleurs, rassuré sur l’engagement de Guillaume Soro à œuvrer pour le bien de son pays. « En tout état de cause, la volonté du Premier ministre Soro de servir la Côte d’Ivoire demeure intacte. Aussi, est-il disposé à continuer les échanges avec le président Ouattara dans un esprit de respect mutuel et sur des téléphones sécurisés à l’abri des manipulations médiatiques », annonce-t-on dans la déclaration. Dans l’ensemble, « Gps encourage les deux hommes d’État à maintenir le dialogue comme l’a toujours prêché feu le président Félix Houphouët-Boigny ».
Cas Soul To Soul
Sur les ennuis judiciaires du vice-président de Gps, Souleymane Kamaraté Koné dit Soul To Soul, récemment sorti de prison suite à une grâce présidentielle, le Cadre restreint de Gps a réagi. « Le 16 juillet dernier, M. Souleymane Kamaraté Koné, vice-président de Gps, comparaissait pour la troisième fois depuis sa libération en février 2024, dans l’affaire de la résidence d’Abidjan-Marcory de Guillaume Soro, saisie en représailles politiques. L’audience a été renvoyée au 22 octobre 2024 après les vacances judiciaires. Ces reports incessants visent à le maintenir en laisse et à freiner la mobilisation des membres du mouvement, faisant de ce dernier un otage politique », avance-t-on.
Ici encore, le camp Soro a donné sa version : « Gps rappelle que l’acquisition de la résidence de M. Soro, mise en œuvre en 2007 sous le gouvernement d’alors, était légale et transparente. Les ministres des Finances, Charles Diby Koffi, et du Logement, Marcel Amon Tanoh, ont piloté cette opération en toute transparence et conformément aux instructions du gouvernement, dans la plus grande clarté. Les traces de cette acquisition se trouvent d’ailleurs dans les livres comptables de l’État ».
A.KONE