Parmi les trois pays-hôtes, le Kenya semble être le principal responsable de ce retard. Bien que ce pays soit un leader culturel en Afrique de l’Est, son historique en matière d’organisation sportive laisse à désirer. Déjà en 2018, le Kenya avait perdu l’organisation du Chan au profit du Maroc, faute d’infrastructures conformes aux standards de la Caf. De même, en 1996, il avait été écarté en dernière minute pour la Can, au profit de l’Afrique du Sud. En 2024, le constat reste inchangé. Les travaux des stades à Nairobi et dans d’autres villes sont loin d’être terminés, ce qui compromet la crédibilité du pays sur la scène sportive internationale. Malgré les promesses répétées du gouvernement kenyan, les retards s’accumulent, menaçant non seulement le Chan mais aussi la Can 2027, confiée au trio Kenya-Ouganda-Tanzanie.
Au-delà des problèmes d’infrastructures, Afrik foot révèle une autre source de tension vient des décisions controversées de la Caf concernant les équipes qualifiées. Face à une série de forfaits en Zone Afrique du Nord (Unaf), la Caf a décidé de repêcher des équipes pour combler les places vacantes, tout en augmentant la prime destinée au vainqueur pour rehausser l’attrait de la compétition. Cette stratégie, qui visait notamment à attirer des équipes prestigieuses comme l’Égypte, un pays n’ayant jamais participé au Chan, a suscité une levée de boucliers parmi les fédérations nationales.
Parmi les voix les plus critiques, celle du Togo s’est élevée pour dénoncer une injustice : les Éperviers, qui avaient investi des ressources pour les qualifications, ont été exclus des repêchages, au profit d’équipes non qualifiées. La situation s’est encore compliquée avec le cas du Rwanda. Qualifié sur le terrain grâce à la règle du but à l’extérieur, le pays avait obtenu sa place pour le Chan. Cependant, la Caf avait décidé d’accorder une place supplémentaire à la zone Cecafa (Afrique de l’Est), une décision qui a provoqué de vives critiques. Depuis, le Rwanda n’apparaît plus sur la liste des équipes qualifiées, créant une confusion supplémentaire.
La reprogrammation du Chan intervient également dans un contexte de surcharge du calendrier. Avec les matchs de la Ligue des champions africaine et de la Coupe de la Caf, trouver une période adéquate pour organiser le tournoi relevait du casse-tête. En conséquence, un report semblait inévitable.
Le Chan 2024, désormais programmé pour août, représente un véritable défi pour les organisateurs. Si les retards des infrastructures au Kenya ne sont pas comblés et si les controverses liées aux qualifications ne trouvent pas de solution acceptable pour toutes les fédérations, l’avenir même de cette édition pourrait être compromis.
A.KONE