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La série de conférences débats a débuté le 18 janvier 2024 à Yamoussoukro avec des journalistes de médias sénégalais sur la représentation des Africains au sein de la Commission exécutive du Comité international olympique. Lors de ces retrouvailles à Yamoussoukro, la représentation des Africains au sein du Comité international olympique (CIO) a été un sujet de discussion et de préoccupation. Le sujet a donné lieu à des échanges fructueux et ouvert des pistes de réflexion sur le nécessité pour l’Association des Comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA) et l’Union Africaine (UA) et de valoriser certaines compétitions sur le continent africain dont les Jeux africains et à offrir de nouvelles perspectives de compétitions à la jeunesse. Car dans l’ensemble, les participants à la conférence ont fait le constat que le faible taux de présence des Africains au sein du Comité international olympique est préjudiciable au sport africain. Il réduit les marges de manœuvres de ses représentants au CIO, si bien que l’Afrique ne peut véritablement empêcher la prise de certaines décisions à connotation politique.
D’entrée, le représentant de l’Association internationale de la presse sportive (AIPS), section Afrique, Alassane Thiam a rappelé que cette tendance à représenter l’Afrique en minorité au sein de certaines organisations internationales ne date pas d’aujourd’hui. Il a fait remarquer que lorsque la Société des Nations (SDN) a été fondée après la Première Guerre mondiale, seuls quatre pays africains étaient membres : le Liberia, l’Union d’Afrique du Sud, l’Éthiopie et l’Égypte. Les colonies allemandes en Afrique ont été confiées sous mandat de la SDN, et plus tard sous la tutelle de l’ONU au Royaume-Uni, à la Belgique ou à la France. « Au fil du temps, d’autres pays africains ont rejoint la communauté internationale, mais la représentation africaine a souvent été limitée », a-t-il soutenu.
Des défis à relever
Dans sa représentation actuelle, a renchéri Babacar Cissé de Record.sn., la commission exécutive du CIO est un organe clé qui prend des décisions importantes pour les Jeux Olympiques et le mouvement olympique. Malheureusement, déplore-t-il, le nombre d’Africains au sein de cette commission est limité. « En somme, bien que l’Afrique compte un grand nombre de Comités nationaux olympiques, il reste des défis à relever pour assurer une représentation plus équitable au sein des instances internationales telles que le CIO », a ajouté Cheick Diop, du Groupe Emedia Invest Dakar.
La commission exécutive du CIO compte actuellement 15 membres. Ces membres sont responsables de la prise de décisions importantes concernant les Jeux Olympiques et le mouvement olympique. Ils représentent diverses régions du monde et apportent leurs compétences et leurs perspectives pour guider l’avenir du sport olympique. Selon lui, il est important aujourd’hui, pour l’intégrité du sport, de revoir le mode d’élection des membres de cette Commission exécutive parce qu’elle est aux mains des Occidentaux qui en font un moyen de domination de leurs régions sur le sport mondial. « Parce qu’ils détiennent le pouvoir financier à travers les diverses sources de financement liées aux droits de diffusion télévisée et surtout les parrainages. Les droits de diffusion sont vendus aux chaînes de télévision du monde mais surtout aux plus grosses chaînes détenues par les européens. S’agissant des parrainages et des partenariats, le CIO conclut des accords avec des entreprises mondiales dont de grandes entreprises européennes et américaines. Ces entreprises versent des fonds au CIO en échange de droits de marketing et de visibilité pendant les Jeux », a fait remarquer Cheick Diop qui précise qu’avec ces gros enjeux financiers, le président du CIO Thomas Bach n’a d’autre choix que de céder à certaines pressions de lobbys ou politique.
« Quand on sait que les parrainages et les partenariats jouent un rôle essentiel dans le financement du CIO et que ces fonds sont utilisés pour soutenir le développement du sport, les initiatives olympiques et les programmes mondiaux, il est clair que le CIO s’efforce de maintenir son intégrité et son indépendance tout en collaborant avec ses partenaires financiers pour promouvoir l’esprit olympique à travers le monde. Mais sans pour autant être véritablement indépendant », a souligné Oumar Dia de seneweb.
CIO et FIFA contrôlés par les Occidentaux

Face aux « incohérences » du CIO que la journaliste Fatimata Ba de TerangaSportNews considère comme une organisation dont « les parrains ne sont pas prêts à voir un jour un Africain la diriger », certains participants estiment qu’il faut que les Africains se montrent beaucoup plus ambitieux en travaillant à accroître la notoriété des Jeux africains pour en faire véritablement, une compétition de grande envergure aux yeux des Occidentaux. Mieux, ils pensent qu’aujourd’hui, il faut diversifier en innovant avec de nouvelles compétitions sportives qui ne soient pas sous l’emprise des organisations comme le CIO ou la FIFA contrôlées par les Occidentaux et qui appliquent les règlements à géométrie variable.
C’est en cela que pour la majorité des journalistes présents à la conférence débat, « l’idée des Jeux du Futur et des Jeux des BRICS est louable ». « Aujourd’hui, il faut apporter une alternative à ce qui existe. Si le Baron français Pierre de Coubertin est le fondateur des Jeux olympiques modernes, il faut saluer la création des Jeux du Futur qui associent des disciplines sportives et électroniques. C’est une première dans le monde et c’est vraiment intéressant pour la jeunesse africaine qui tient là l’occasion de s’exprimer dans un domaine prometteur parce que le numérique, c’est l’avenir. Ces compétitions n’ont rien de politique au contraire, elles viennent offrir de nouvelles opportunités aux jeunes d’exprimer leur talent grâce à des concepts innovants», estime Babacar Gningue de Sport Inter rappelant qu’en 2021, 12 clubs européens ont officialisé le lancement d’une Super League semi-fermée avec un format nouveau et l’objectif d’engranger plus de revenus, en faisant concurrence à la Ligue des champions de l’UEFA, avant d’être menacé par Gianni Infantino, le président de la FIFA.
En conclusion, les participants pensent que le Comité international olympique sera toujours sous l’emprise des pouvoirs occidentaux. Aussi, invitent-il l’Association des Comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA) et l’Union Africaine (UA) à repenser les Jeux Africains en la valorisant davantage Ainsi que d’autres compétitions continentales et en offrant l’opportunité à la jeunesse et aux athlètes africains de participer à de nouvelles compétitions d’envergure mondiale. Ils ont salué et encouragé l’initiative du Réseau Alertes et Actions.
Le réseau Alertes et Action est une organisation dont l’objectif est d’informer et faire des propositions pour garantir l’intégrité du sport et protéger la communauté des sportifs face à certaines menaces. Ses actions visent également à révéler, interpeller, dénoncer des injustices, des dysfonctionnements afin de garantir les bonnes pratiques dans le monde sportif.
Source réseau Alertes et Action