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Déjà auteur de l’unique but des siens en demi-finale, Haller a offert la troisième Can des Éléphants en marquant le but de la victoire en finale de la 34e édition de la Can (2-1) opposant la Côte d’Ivoire au Nigeria, dimanche 11 février 2024 au stade olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé. Le géant ivoirien, héros de la Côte d’Ivoire revient pourtant de loin. En juillet 2022, son médecin lui annonce qu’il est atteint d’un cancer des testicules. « Me voyant pris de panique, le médecin a tenté de me rassurer en me disant que je pouvais guérir. Son discours m’a beaucoup aidé. Mais j’ai traversé des moments difficiles », a expliqué le sociétaire de Borussia Dortmund en Allemagne.
En effet, Il y a un an et demi, il devait mettre sa carrière en stand-by en apprenant être atteint d’un cancer des testicules alors qu’il venait tout juste de signer au Borussia Dortmund. Pour guérir de cette maladie, l’ancien attaquant de l’Ajax a donc dû passer par la chimiothérapie pour se soigner. Un traitement lourd qu’il avait dû digérer avant d’espérer reprendre un jour sa carrière de footballeur. Finalement après 7 mois de chimiothérapie et deux opérations, Sébastien Haller était de retour à la compétition (janvier 2023).
Promesse tenue
Un an plus tard, c’est lui qui donne donc cette Can 2023 à son équipe. Comme un symbole. Et comme depuis le début de sa carrière, rien n’a été facile pour l’attaquant de 29 ans. Convoqué par Jean-Louis Gasset dans cette Can 2023 à domicile alors qu’il venait de revenir d’une blessure à la cheville, Haller avait rechuté juste avant le début de la compétition. Une blessure qui l’avait tenu éloigné des terrains sur tout le début de la compétition. Il avait dû assister impuissant au fiasco des siens en phases de poules avant de disputer son premier match dans cette Can face au Sénégal en 8es de finale. Depuis cette rencontre, il avait gagné sa place dans le onze titulaire sous les ordres d’Emerse Faé. Et le coach ivoirien a bien eu raison de relancer son buteur dans cette compétition. Car Haller ne s’est jamais caché et a su montrer la voie aux siens aussi dans les moments plus compliqués. Le fait qu’il donne le sacre à son équipe est finalement presque un symbole. Après la demi-finale, déjà, Haller se disait soulagé d’avoir « enfin concrétisé » une action. Et promettait de faire tout son possible pour éviter de nouvelle frayeur aux supporters : « J’ai passé le début de la compétition en tribunes. Je sais à quel point c’est frustrant. Je vais tout faire pour éviter ça ». Promesse tenue.
« Ça fait du bien d’être récompensé. De continuer d’y croire et de voir que ça sert à quelque chose », a-t-il d’ailleurs lancé sur la Nouvelle chaîne de Côte d’Ivoire (NCI), avant de fondre en larmes. « On a rêvé ce moment énormément de fois, on a espéré en arriver là. Le match n’a pas été un long fleuve tranquille. Les scènes de liesse, c’est aussi ce que le pays mérite et j’ai bon espoir que cela fasse du bien à tout le monde. On y a cru jusqu’au bout, les coéquipiers m’ont poussé à rester sur le terrain le plus longtemps possible, j’ai marqué grâce à eux. Pour la joie de tout un peuple ».
Né en France de père français et de mère ivoirienne, Sébastien Haller a d’abord joué pour les équipes jeune de son pays natal dont les U17 avant de changer de nationalité sportive au profit des Éléphants en 2020. Quatre années plus tard, il est champion d’Afrique. Le football a donc décidé de créer une belle histoire de plus et Sébastien Haller, passé par les épreuves les plus difficiles, est maintenant tout en haut.
S. PAGNI