Lors d’une conférence de presse organisée, le samedi 1er novembre 2025, à la Maison de la Presse d’Abidjan-Plateau, Hyacinthe Kamelan, porte-parole du candidat et président du Central Athletic Club (Cac) de Yamoussoukro, a dénoncé un « abus de pouvoir » du président sortant, Jeannot Kouamé, soupçonné de manipuler le processus électoral à son avantage. « Nous avons saisi le ministère des Sports, le Comité national olympique de Côte d’Ivoire (Cno-Civ) et nous préparons un courrier à la Confédération africaine d’athlétisme (Caa). Nous espérons que les autorités réagiront rapidement pour rétablir la transparence », a déclaré M. Kamelan.
Selon la commission électorale, la candidature d’Augustin Sérikpa a été rejetée au motif que son club n’aurait pas payé les droits de compétition pour les années 2022 et 2023. Un argument que le camp Sérikpa rejette fermement. « C’est un faux prétexte. Le club Acs a participé à toutes les compétitions officielles durant ces deux années. Or, selon les statuts, un club non à jour de ses obligations financières ne peut participer aux activités fédérales. Si notre club a été admis à concourir, c’est bien la preuve que nous étions en règle », a soutenu le porte-parole.
Pour Hyacinthe Kamelan, cette décision traduit « une volonté claire de verrouiller le processus électoral en faveur du président sortant. C’est une manœuvre pour écarter toute concurrence et garantir sa réélection. Nous ne pouvons pas laisser passer un tel abus », a-t-il martelé. Le conférencier a également remis en cause la composition et la légitimité de la commission électorale, dirigée par le président sortant lui-même. « C’est un conflit d’intérêts manifeste. Un candidat ne peut pas présider la commission qui statue sur sa propre éligibilité. Dans le courrier du 25 octobre, c’est encore lui qui signe la notification de rejet. C’est totalement contraire à l’éthique et à la transparence », a dénoncé Kamelan.
Le porte-parole a par ailleurs accusé la direction actuelle d’avoir modifié les statuts en 2021 pour introduire des critères ambigus sur la mise à jour des clubs. « Les textes précisent qu’un club est à jour quand il paie ses licences et cotisations. Nulle part, il est question de droits de compétition renouvelables chaque année. Cette interprétation arbitraire sert clairement à exclure certains candidats », a-t-il estimé.
Le camp Sérikpa affirme avoir déposé un recours gracieux auprès de la Fédération, mais le dépôt aurait été obstrué. « Quand notre huissier s’est présenté pour déposer le recours, le directeur général de la Fia a refusé de le recevoir, le renvoyant vers le directeur technique national comme s’il dirigeait la commission. C’est un dysfonctionnement total », a dénoncé Kamelan. Pour le clan Sérikpa, il est urgent que les autorités sportives suspendent l’élection afin de rétablir un climat de confiance. « Il ne s’agit pas seulement de la candidature d’un homme, mais du respect des règles et de la crédibilité de notre fédération », a insisté Kamelan.
La candidature de Victor Yapobi a également été rejetée, renforçant les inquiétudes sur la transparence du scrutin. Les jours à venir seront déterminants pour la Fédération ivoirienne d’athlétisme, où la tension ne cesse de monter à l’approche du 10 novembre.
Eric KOUAKOU