|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Interpellé sur les récents propos du chef de l’Etat nigérien, Aboudrahamane Tiani, visant le président Alassane Ouattara président après l’attaque de l’aéroport de Niamey, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a indiqué que le ministre des Affaires étrangères avait convoqué l’ambassadeur du Niger en Côte d’Ivoire pour lui exprimer une « vive protestation ». Un courrier officiel a également été adressé aux autorités nigérianes, at-il précisé, ajoutant qu’Abidjan attend désormais une réponse.
« Ce ne sont pas des accusations nouvelles », a reconnu Amadou Coulibaly, faisant référence à des mises en cause antérieures visant la Côte d’Ivoire et d’autres pays de la sous-région. Toutefois, le gouvernement ivoirien affirme n’avoir, à ce jour, reçu « aucune preuve » étayant ces allégations. Le porte-parole a notamment évoqué l’attentat récemment revendiqué par l’État islamique au Grand Sahel (EIGS), pour lequel certains responsables ou relais proches de l’AES ont accusé, selon Abidjan, la Côte d’Ivoire de manière indirecte. « De façon grotesque, la Côte d’Ivoire et d’autres pays ont été accusés », a-t-il déclaré.
Jusqu’ici, a expliqué Amadou Coulibaly, le gouvernement ivoirien avait choisi de ne pas réagir publiquement aux accusations globales visant l’État ivoirien, estimant qu’elles ne reposaient sur aucun fondement. « Tant qu’il s’agissait d’accusations générales contre le pays, nous avons considéré qu’il n’y avait pas lieu de répondre », a-t-il déclaré. La situation a toutefois changé, selon lui, dès lors que le nom du président Alassane Ouattara a été nommément cité.
« Nous refusons de quelque façon que ce soit que l’image de celui qui incarne notre pays soit brocardée », a insisté le porte-parole du gouvernement. Pour Abidjan, cette personnalisation des accusations constitue une ligne rouge. « L’acte d’accusation a été différent », a souligné Amadou Coulibaly, affirmant que les autorités ivoiriennes, « respectueuses de leur président », ne pouvaient rester silencieuses face à ce qu’elles considèrent comme une atteinte directe à la dignité du chef de l’État.
La Côte d’Ivoire attend désormais une réaction officielle des autorités concernées, tout en réaffirmant sa position : aucune accusation ne saurait être acceptée sans éléments tangibles. « Pour la suite, nous attendons la réaction », a conclu Amadou Coulibaly, laissant entendre que d’autres réponses diplomatiques pourraient suivre en fonction de l’évolution du dossier.
E.KOUAKOU