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Selon son témoignage, relayé par 7 Info, l’avocat, qui se rend régulièrement en Tunisie pour un traitement médical depuis plusieurs mois, devait effectuer « la neuvième et dernière visite » de suivi.
Ce qui s’est passé
Après avoir accompli les formalités d’embarquement, il aurait été interpellé par des policiers l’informant qu’il lui était désormais interdit de voyager sans autorisation expresse du procureur.
« Je ne comprends pas. Je ne fais l’objet d’aucune convocation ni d’aucune procédure judiciaire », a-t-il réagi, se disant surpris de cette restriction. Escorté hors de la salle d’embarquement sous le regard des passagers, l’élu affirme avoir saisi l’Assemblée nationale et mobilisé ses avocats afin d’obtenir des explications auprès du parquet. Aucun communiqué officiel n’a pour l’instant été publié par les autorités judiciaires.
L’incident survient alors que plusieurs figures de l’opposition, notamment issues du PPA-CI et du PDCI, sont confrontées depuis des semaines à des procédures judiciaires ou des restrictions de déplacement. Mercredi, Marie Odette Lorougnon, vice-présidente du PPA-CI, a été placée sous contrôle judiciaire pour incitation à la haine et trouble à l’ordre public.
Quelques jours plus tôt, deux autres cadres du parti de Laurent Gbagbo, Blaise Lasm et Dahi Nestor, avaient été inculpés et placés en détention. Pour l’opposition, ces mesures traduisent une volonté du pouvoir de restreindre l’espace politique à l’approche des scrutins d’octobre et de décembre. « Tout concourt à affaiblir nos rangs », a confié un cadre du PDCI, dénonçant « une instrumentalisation de la justice ».
La présidentielle du 25 octobre, suivie des législatives prévues le 27 décembre, se déroulera dans un climat crispé. Sur 60 candidatures déposées, seules cinq ont été validées par le Conseil constitutionnel, écartant plusieurs poids lourds de l’opposition, dont Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo, recalés pour absence sur la liste électorale.
Ces exclusions ont ravivé les critiques contre la transparence du processus électoral. La coalition « Front commun » (PDCI-PPA-CI) a d’ailleurs annoncé une grande marche pacifique le 4 octobre à Abidjan pour exiger un dialogue politique inclusif.
Pour l’heure, l’affaire Blessy reste entourée de zones d’ombre. L’avocat dit avoir tenté, sans succès, de joindre le procureur afin de connaître les motifs exacts de son interdiction de voyager. « Je ne peux avoir de recours tant que je ne connais pas les faits qui me sont reprochés », a-t-il insisté.
Souffrant d’une gêne persistante à la jambe, l’élu se dit préoccupé par la poursuite de son traitement médical. Mais il a toutefois souligné la courtoisie des agents de police lors de son interpellation.
J.F.PAGNI