Mardi soir 14 octobre 2025, au Stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, les Éléphants ont dominé le Kenya (3-0) et validé leur ticket pour la Coupe du monde 2026, la première à 48 équipes et organisée conjointement aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Une qualification qui vient confirmer la renaissance du football ivoirien, couronnée plus tôt cette année par le sacre continental à domicile. Très ému, le président de la Fédération ivoirienne de football, Yacine Idriss Diallo, a salué le parcours du sélectionneur Emerse Faé et de son équipe, rappelant le long chemin parcouru. Face aux médias ce même mardi, le patron du football ivoirien a commencé par un retour historique : « Notre dernière participation date de 2014. Avant, il y a eu 2006 avec Henri Michel, 2010 avec Sven-Göran Eriksson, même si c’est Halilhodzic qui nous avait qualifiés, puis Sabri Lamouchi en 2014. Aujourd’hui, c’est Emerse Faé. »
Un clin d’œil fort à l’histoire, mais aussi à la symbolique de cette qualification. « Quand j’ai connu Emerse en 2005, il était joueur. Aujourd’hui, c’est un jeune coach à qui nous avons fait confiance en temps de tempête. Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient, car c’est ce qui permet de savoir où l’on va. », a rappelé le président. Cette « tempête », Diallo s’en souvient bien. « Après la défaite 4-0 contre la Guinée équatoriale pendant la Can 2023, j’ai parlé de défaite salutaire. C’est à ce moment-là que nous avons décidé de faire confiance à Emerse, alors adjoint de Jean-Louis Gasset. », a-t-il souligné. Le président n’oublie pas pour autant l’apport de l’ancien sélectionneur français : « Je rends hommage à Gasset. Dans la vie, il ne faut pas oublier ceux qui vous ont aidés à avancer. »
Faé, symbole d’une nouvelle génération
Sous la direction d’Emerse Faé, l’équipe a retrouvé cohésion et sérénité. Diallo salue un travail de fond et une approche collective : « Emerse est un garçon sérieux, travailleur, disponible. Autour de lui, nous avons réuni des anciens comme Guy Demel, Arouna Dindane, Ahmed Ouattara, Kalou Bonaventure, Cyril Domoraud ou encore Alain Gouaméné. C’est une équipe soudée, enracinée dans l’histoire des Éléphants », a-t-il fait remarquer. Les résultats parlent d’eux-mêmes : dix matchs, 25 buts marqués, aucun encaissé. « Il faut l’applaudir, souligne Diallo. Il a gagné la Can, qualifié la Côte d’Ivoire pour le Mondial. Les objectifs sont atteints. Qu’il savoure sa victoire », a-t-il lancé.
Certains observateurs ont critiqué le style de jeu des Éléphants, jugé parfois trop prudent. Une polémique que le président a balayée avec fermeté. « L’essentiel, c’est la qualification. Vous auriez dit quoi si on avait bien joué mais qu’on n’était pas qualifiés ? Soyons réalistes : le haut niveau, c’est l’efficacité », a répondu le président de la Fif. Enfin, Yacine Idriss Diallo a tenu à adresser un message d’unité : « Merci à la Côte d’Ivoire entière. Merci à tous ceux qui vivent sur cette terre, Ivoiriens ou non, qui nous soutiennent depuis la Can. Votre amour et vos prières nous portent ». Et, avec un brin de philosophie, il souligne : « Même ceux qui espéraient secrètement notre défaite, je les remercie. On ne peut pas plaire à tout le monde. Même les plus grands prophètes n’ont pas fait l’unanimité. »
De toute évidence, la Côte d’Ivoire retrouve le sommet du football africain avec cette qualification. Sous la direction d’un entraîneur local, soutenu par une génération talentueuse et un président convaincu, les Éléphants avancent vers 2026 avec confiance. « Quand on sait d’où l’on vient, on sait où l’on va », conclut Yacine Idriss Diallo. Et désormais, les Éléphants savent clairement où ils veulent aller : vers un nouveau chapitre de gloire mondiale.
A.KONE