Après une entrée en matière sans éclat face au Mozambique, les hommes d’Emerse Faé savent ce qui les attend. Une victoire contre les Lions indomptables placerait la Côte d’Ivoire en position idéale dans le groupe F, avec la perspective de terminer en tête de la poule et de s’ouvrir un huitième de finale plus abordable. À l’inverse, un faux pas relancerait totalement la course et exposerait le tenant du titre à un parcours beaucoup plus périlleux.
Si la solidité collective a été au rendez-vous mercredi, le secteur offensif ivoirien a, lui, laissé des regrets. Trop d’occasions mal négociées, trop de gestes imprécis dans les derniers mètres. « On regrette le manque d’efficacité », a reconnu Emerse Faé à l’issue de la rencontre. Le sélectionneur n’a pas cherché à masquer les lacunes, évoquant un déficit de justesse « sur les centres, les dernières passes, la finition ». Des manques identifiés, promet-il, et sur lesquels son staff travaille déjà. Contre au Cameroun, Faé attend une réponse immédiate. Plus de précision, plus de pragmatisme. Et davantage d’impact d’un trio offensif encore en rodage, composé de Wilfried Zaha, Yan Diomandé et Amad Diallo. Les automatismes commencent à apparaître, mais le champion d’Afrique n’a plus le luxe d’attendre. Dans ce type de match, l’efficacité fait souvent la différence.
En face, le Cameroun arrive avec la confiance d’un succès inaugural face au Gabon (1-0), mais aussi avec la conscience de sa fragilité. « L’équilibre est très fragile », a prévenu le sélectionneur David Pagou, lucide sur les limites d’un groupe encore en construction. Si la « barraque » a tenu mercredi, c’est avant tout grâce à l’état d’esprit et à l’engagement collectif. Privés de Vincent Aboubakar et d’Eric Maxim Choupo-Moting, écartés du groupe, les Lions indomptables ont trouvé en Bryan Mbeumo un leader offensif crédible. Le joueur de Manchester United a pesé sur le jeu par sa conservation de balle, sa vision et la qualité de ses passes. Passeur décisif, il aurait même pu repartir avec des statistiques plus lourdes sans les occasions manquées de ses partenaires.
Autre satisfaction camerounaise, Etta Eyong. Titularisé en pointe dans un système en 3-5-1-1, l’attaquant de 22 ans a marqué dès les premières minutes et s’est distingué par son pressing et son travail défensif. Une prestation prometteuse pour les quintuples champions d’Afrique, qui devraient aussi récupérer deux titulaires ménagés contre le Gabon pour des alertes physiques.
Entre la Côte d’Ivoire, tenue par son statut et l’obligation de confirmer, et le Cameroun, fidèle à sa réputation de compétiteur imprévisible, l’affiche s’annonce électrique. Avec des talents déjà en vue comme Amad Diallo et Bryan Mbeumo, ce choc dépasse la simple rivalité historique. Pour les Éléphants, il s’agit d’un test de maturité et d’ambition. Pour le tenant du titre, l’heure est déjà venue d’affirmer qu’il reste le patron.
E.KOUAKOU