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Depuis des décennies, on nous répète que les véritables démocraties se trouvent en Occident : en Europe de l’Ouest, aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Israël, au Japon, en Corée du Sud ou encore en Inde (bien que cette dernière soulève désormais des interrogations quant à son statut démocratique). En revanche, nous autres, nations qualifiées de « républiques bananières » ou « cacaoyères », nous nous débattons dans un flou institutionnel où il est parfois difficile de savoir si nous sommes des démocraties en gestation, des dictatures déguisées ou des « démocratures ».

Une démocratie sélective

On nous reproche souvent nos pratiques peu orthodoxes : le népotisme, l’accaparement du pouvoir par une élite restreinte, le clientélisme, le contournement des lois ou encore la répression des opposants. Pourtant, lorsqu’on observe les pratiques de certaines « grandes démocraties », on se rend vite compte que nous ne sommes pas si éloignés de leurs méthodes.

Prenons les États-Unis, parangon autoproclamé de la démocratie. Lorsque John F. Kennedy fut élu président, il nomma son frère Robert Kennedy ministre de la Justice. Plus récemment, Donald Trump désigna son gendre Jared Kushner Haut Conseiller à la Maison-Blanche. Quant à Joe Biden, l’une de ses dernières décisions en tant que président a été de gracier son propre fils, empêtré dans des affaires judiciaires.
Que dire encore du retour de Donald Trump, qui, une fois réinvesti, n’hésita pas à accorder une grâce aux émeutiers du Capitole et à purger l’administration des fonctionnaires nommés par son prédécesseur ? Et que penser de son annonce tonitruante concernant la récupération du canal de Panama et du Groenland, pourtant souverainement détenus par le Panama et le Danemark ? Selon quel droit ? Celui du plus fort.

Israël et la loi du silence

Les mêmes principes s’appliquent ailleurs, notamment au Moyen-Orient. Israël, allié indéfectible des puissances occidentales, mène une politique d’occupation et d’oppression méthodique contre les Palestiniens. Après avoir annexé le Golan syrien et anéanti les infrastructures militaires syriennes, Israël poursuit aujourd’hui son entreprise de destruction à Gaza et en Cisjordanie. L’objectif est clair : chasser les Palestiniens de leurs terres par tous les moyens, y compris les massacres de masse, à l’image de ce qui fut fait jadis aux Amérindiens en Amérique du Nord.
Et pourtant, toute critique de cette politique est immédiatement assimilée à de l’antisémitisme. Un crime lourd de conséquences, coûteux en réputation et en sanctions.

La France, patrie des contradictions

En France, on aime donner des leçons de démocratie au reste du monde, particulièrement aux pays africains. Pourtant, ce modèle tant vanté est truffé d’exceptions et d’ambiguïtés. François Mitterrand, grand défenseur des valeurs républicaines, avait nommé son propre fils conseiller aux Affaires africaines. Son successeur, Jacques Chirac, avait pour conseillère en communication… sa propre fille. Aujourd’hui, Gabriel Attal, à peine nommé Premier ministre, a désigné son compagnon Stéphane Séjourné au poste de ministre des Affaires étrangères.
Et que dire de l’affaire Sarkozy-Kadhafi ? Un ancien président français jugé pour avoir, dit-on, financé sa campagne avec l’argent d’un dirigeant libyen qu’il a ensuite contribué à éliminer. Crime maquillé en intervention humanitaire ? Le doute plane. Tenez-vous bien, nous parlons de la France, pays des Droits de l’Homme.

Se libérer du mythe occidental

Notre erreur fondamentale, peut-être excusable au regard de notre passé colonial, a été de considérer ces nations comme des modèles incontestables de vertu et de gouvernance. Nous avons trop longtemps cherché à leur ressembler, à nous conformer à leurs standards, au point d’en oublier nos propres valeurs et notre propre potentiel.
Il est temps pour nous de tracer notre propre voie, non pas en rejetant tout en bloc, mais en s’inspirant de ce qui est utile, tout en nous réappropriant notre culture et notre histoire. Il nous faut bâtir une démocratie qui nous ressemble, adaptée à nos réalités, et non un simulacre calqué sur des nations dont les pratiques, malgré leurs beaux discours, ne sont pas aussi exemplaires qu’elles voudraient nous le faire croire.

Source V.K. avec Fratmat info

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