Face à l’expansion des groupes terroristes en Afrique de l’Ouest, les États-Unis intensifient leurs efforts en déployant progressivement des troupes et du matériel militaire dans la région. Confronté à la montée en puissance des militants affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, le Pentagone a ajusté sa stratégie militaire sur le continent après avoir dû quitter le Niger plus tôt cette année.
Selon le Wall Street Journal (WSJ), cette nouvelle approche prévoit le repositionnement d’avions, d’hélicoptères et de commandos dans des pays voisins, dont la Côte d’Ivoire.
L’une des initiatives les plus notables dans ce plan concerne la Côte d’Ivoire, qui accueille désormais une unité de forces spéciales américaines, communément appelées les « Bérets verts ». Ce déploiement vise à renforcer les capacités de défense locales en offrant une formation spécialisée à l’armée ivoirienne.
Les Bérets verts, forces spéciales d’élite de l’armée américaine, sont reconnus pour leurs missions de guerre non conventionnelle et de formation d’armées alliées.
Créés en 1952, ils sont impliqués dans presque tous les conflits américains. Leur entraînement, parmi les plus difficiles au monde, forge des soldats hautement qualifiés. Ces militaires se distinguent également par une approche stratégique et intellectuelle unique au sein des forces spéciales américaines.
Outre la formation des troupes ivoiriennes, des avions de surveillance américains sont dorénavant basés à Abidjan, fournissant des renseignements cruciaux aux forces ivoiriennes pour contrer les menaces terroristes dans le pays et la région.
Les États-Unis ont aussi proposé un soutien matériel. Selon Africa Intelligence, la Côte d’Ivoire et le Bénin ont accepté une donation de véhicules blindés initialement destinés au Niger. Ce matériel, crucial pour renforcer les capacités des armées locales face à la menace croissante des groupes armés, pourrait également être partagé avec le Ghana, autre allié stratégique dans la région.
Mi-juillet 2024, Le Monde révélait que des discussions sont en cours pour l’installation d’une base militaire américaine près de la ville d’Odienné, dans le nord-ouest ivoirien.
Les négociations, qui ont débuté dès janvier 2024, se sont intensifiées en avril lors d’une rencontre entre le président ivoirien Alassane Ouattara et le général Michael E. Langley, commandant du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM). Cette base permettrait aux États-Unis d’assurer une présence militaire accrue dans la région et de répondre plus rapidement aux menaces émergentes.
Située à la frontière avec des pays touchés par des attaques terroristes, notamment le Burkina Faso et le Mali, la Côte d’Ivoire est de plus en plus perçue comme un point d’ancrage dans la lutte contre les groupes extrémistes qui menacent la région.
La Côte d’Ivoire n’est pas le seul pays à bénéficier de cette réorganisation militaire américaine. Le Bénin, pays voisin, est également inclus dans cette stratégie, avec la modernisation de ses infrastructures aéroportuaires pour accueillir des hélicoptères américains.
Washington a alloué 4 millions de dollars à cette fin, permettant au Pentagone de maintenir une capacité de réaction rapide dans la région. En parallèle, les États-Unis envisagent de rétablir leur présence au Tchad, où ils espèrent redéployer des Bérets verts après l’interruption de la coopération militaire avec ce pays.
Axel KONE