Pour Bazié Djénéba, la mère de Malick, le jeune homme était bien plus qu’un fils. Il représentait également un soutien essentiel pour une famille aux revenus modestes. Elle-même employée comme femme de ménage, elle explique multiplier les tâches pour subvenir aux besoins de ses enfants.
« Moi, je n’ai rien. Je fais le ménage pour nourrir mes enfants. Mon mari, son travail ne va pas », témoigne-t-elle, très émue.
Une accusation de vol qui tourne au drame
Les faits auraient débuté dans la soirée du mardi 29 septembre 2026. Vers 20h30, alors qu’elle venait de rentrer du travail, Bazié Djénéba affirme avoir été alertée par des enfants envoyés par son fils. Ceux-ci lui auraient demandé de se rendre rapidement au dépôt où Malick travaillait.
Sur place, elle aurait appris que son fils était soupçonné d’avoir dérobé un tricycle. Une accusation qu’elle dit avoir immédiatement contestée, soulignant notamment que Malick ne savait pas conduire une moto.
Selon son témoignage, une employée aurait toutefois indiqué qu’une caméra de surveillance avait enregistré Malick aux alentours de 3 heures du matin, au moment où le tricycle aurait disparu.
La situation aurait ensuite dégénéré. Bazié Djénéba affirme qu’un homme présenté comme Billy, gérant d’un maquis du secteur, aurait saisi son fils avant de le placer dans le coffre d’un véhicule.
La mère dit avoir tenté de s’interposer et de convaincre les personnes présentes de laisser Malick afin que le tricycle puisse être recherché. Son fils aurait finalement été sorti du véhicule dans un premier temps.
Mais, toujours selon son récit, vers 23 heures, Malick aurait de nouveau été placé dans le coffre par Billy et deux autres individus. « Je l’ai imploré en pleurant. J’ai attrapé la portière. Il m’a poussée et a démarré la voiture », raconte-t-elle.
Elle affirme avoir demandé où son fils était conduit. Il lui aurait été répondu qu’il était emmené au commissariat. La patronne de Malick lui aurait également demandé de ne pas intervenir, expliquant, selon la mère, que les personnes présentes voulaient simplement lui faire peur.
Une famille en quête de réponses
Le lendemain matin, vers 6h30, la patronne aurait informé Bazié Djénéba que Malick avait été frappé et se trouvait au CHU d’Angré. La mère affirme avoir tenté d’obtenir davantage d’informations sur les circonstances de son admission.
Entre 8h et 9h, deux jeunes femmes, présentées comme la fille de la patronne et l’une de ses camarades, seraient ensuite venues lui annoncer que Malick avait succombé à ses blessures.
La famille affirme également avoir eu connaissance d’une vidéo qui montrerait le jeune homme en train de supplier plusieurs personnes alors qu’il aurait été aspergé d’un liquide présenté par ses proches comme étant de l’acide. Ces éléments, particulièrement graves, devront être établis par les investigations et les éventuelles expertises. « Ils ont frappé mon fils, ils l’ont aspergé d’acide et l’ont brûlé », affirme sa mère.
Le corps du jeune homme a été examiné par son oncle au CHU d’Angré le vendredi 2 octobre. Très éprouvé, celui-ci aurait eu des difficultés à regarder longuement la dépouille de son neveu.
Une plainte déposée
Face à cette tragédie, la famille demande désormais que les responsabilités soient établies. Une plainte aurait été déposée par le père de la victime.
Selon Bazié Djénéba, une convocation a également été remise à la patronne de Malick, qui se trouverait à la gendarmerie avec sa fille. Trois personnes présentées comme impliquées dans les violences seraient, elles, toujours recherchées.
Dans le quartier Belleville, l’affaire suscite une vive émotion. Pour les proches de Nignan Malick, une question demeure au centre de leurs préoccupations : pourquoi un jeune homme soupçonné d’un vol n’a-t-il pas simplement été remis aux autorités compétentes ?
L’enquête devra désormais permettre de reconstituer précisément les faits, d’établir les circonstances du décès et, le cas échéant, de déterminer les responsabilités pénales dans cette affaire.
J.F.PAGNI