« J’ai toujours dit que la famille passait avant le football. C’est donc une décision évidente pour moi », a-t-il déclaré avec émotion sur ses réseaux sociaux. Et d’ajouter : « Curaçao va me manquer, les gens ici et mes collègues vont beaucoup me manquer. » Le départ d’Advocaat marque la fin d’un cycle exceptionnel pour la petite nation caribéenne de 155 000 habitants. L’ancien sélectionneur des Pays-Bas et de la Belgique laisse, derrière lui, une performance majeure : avoir qualifié Curaçao pour la première Coupe du monde de son histoire.
La “Vague Bleue” a terminé en tête de son groupe qualificatif, devançant notamment la Jamaïque. Un exploit qui a bouleversé la hiérarchie régionale et installé Curaçao comme la nouvelle force montante de la zone. Quel que soit son parcours au Mondial, l’empreinte d’Advocaat restera indélébile. Il a donné une structure, une rigueur et une ambition internationale à une sélection encore novice sur la scène mondiale.
Pour gérer cette transition sensible, la fédération a nommé un autre technicien néerlandais, Fred Rutten (63 ans), ancien défenseur international néerlandais (1 sélection). Au cours de sa carrière, Rutten a entraîné le PSV Eindhoven pendant trois ans entre 2009 et 2012 ou encore Feyenoord Rotterdam pendant la saison 2014-2015. Il hérite d’une mission délicate : maintenir la dynamique sans casser l’élan. Changer de sélectionneur à quatre mois d’une Coupe du monde est toujours un risque. Le travail tactique est déjà bien avancé, les automatismes sont en place, et la gestion psychologique d’un groupe qualifié pour la première fois de son histoire demande finesse et continuité. Rutten devra rapidement imprimer sa marque sans déséquilibrer un collectif construit avec patience. Curaçao disputera en mars, sous la houlette de son nouvel entraîneur national, un tournoi en Australie contre l’Australie et la Chine.
Lors du Mondial 2026, Curaçao affrontera successivement l’Allemagne (14 juin), l’Équateur (20 juin) puis la Côte d’Ivoire (25 juin). Sur le papier, la sélection caribéenne reste l’outsider du groupe. Mais le contexte change. L’effet “première participation” peut libérer les joueurs. L’absence d’Advocaat peut, à l’inverse, créer une période d’adaptation incertaine.
Pour la Côte d’Ivoire, cette évolution représente une donnée supplémentaire dans la préparation. Un adversaire en transition peut être fragile. Il peut aussi être imprévisible. Une chose est sûre, Curaçao ne viendra pas en simple figurant. Même sans son architecte historique, la sélection caribéenne abordera le Mondial avec l’enthousiasme d’un pays qui découvre la plus grande scène du football mondial. Et dans une Coupe du monde, l’enthousiasme peut parfois compenser l’expérience.
A.KONE