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Un ton à la fois ferme et offensif. Face à la presse, à l’occasion de la commémoration de la Fête de la liberté, l’ancien Premier ministre ivoirien s’est montré particulièrement sévère à l’égard du pouvoir d’Alassane Ouattara.
« Trente-six ans après le retour au pluralisme politique et quinze ans après l’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir, la situation des libertés et de la démocratie est catastrophique, dramatique, désespérée », a déclaré l’ancien député de Bongouanou.
Selon le leader du Front populaire ivoirien (FPI), la Côte d’Ivoire connaît un « recul démocratique abyssal », marqué par « l’autoritarisme politique » et « l’oppression » des populations. Pour étayer ses accusations, Pascal Affi N’Guessan a dénoncé des restrictions croissantes des libertés d’expression et de manifestation.
Il a notamment évoqué des « harcèlements » visant des journalistes de la presse privée ainsi que des poursuites contre des dirigeants politiques pour « délit d’opinion ». L’opposant a notamment cité le cas d’Assalé Tiémoko Antoine, président d’ADCI, récemment convoqué à la préfecture de police et auditionné pendant plusieurs heures.
« En Côte d’Ivoire, critiquer le pouvoir, dénoncer ses insuffisances, ses abus est un délit : délit d’offense au Chef de l’État, délit de trouble à l’ordre public, délit d’incitation à la révolte et que sais-je encore », regrette l’ex-député député de Bongouanou.
L’ancien chef du gouvernement a également évoqué la gestion des manifestations politiques, estimant que les interdictions de rassemblements sont devenues la règle, particulièrement en période électorale. Il a rappelé les violences survenues lors des crises électorales qui ont 100 morts en 2020, une dizaine de morts et près de 2000 arrestations au cours de celle de 2025.
Sur le terrain médiatique, Pascal Affi N’Guessan a accusé les médias d’État, notamment la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI), de manquer d’impartialité dans le traitement de l’information. Selon lui, l’opposition et la société civile ne bénéficient pas d’un accès équitable aux médias publics.
Au-delà des questions de libertés publiques, le président du FPI a dressé un tableau sombre de la gouvernance économique et sociale du pays. Il a dénoncé la cherté de la vie, les difficultés des ménages à se loger et se soigner, ainsi que la situation des producteurs de café-cacao qu’il estime lésés par le système actuel.
Face à ce qu’il qualifie de dérive, l’ex-bras droit de Laurent Gbagbo a appelé l’ensemble des militants ainsi que ceux de l’opposition à « la résistance et au sursaut ».
« Résister, c’est rester fermes dans nos convictions, ne pas se laisser distraire par les campagnes démagogiques et les discours trompeurs (…) Résister, c’est assumer pleinement, courageusement et franchement notre statut actuel d’opposition politique, de contre-pouvoir », a-t-il expliqué. La fête de la liberté du Front populaire se déroule cette année de façon éclatée sur l’ensemble du territoire ivoirien.
Eric KOUAKOU