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Le 28 février 2026 apparaît comme une date charnière. En quelques heures, plusieurs figures majeures du régime iranien sont tuées dans des frappes coordonnées. Parmi elles, Ali Khamenei, guide suprême pendant près de trois décennies, dont la disparition bouleverse profondément l’équilibre du pouvoir à Téhéran.
D’autres responsables de premier plan sont également visés : Ali Shamkhani, acteur clé des négociations régionales, Mohammad Pakpour, figure militaire centrale, ou encore Abdolrahim Mousavi et Aziz Nasirzadeh. Dans les jours qui suivent, d’autres assassinats viennent alourdir le bilan, notamment celui de Ali Larijani, pilier du système politique iranien, et de Gholamreza Soleimani, connu pour son rôle dans la répression interne.
Cette succession d’éliminations ciblées traduit une stratégie claire : affaiblir durablement l’appareil d’État iranien en frappant ses centres de décision. Pour justifier ces opérations, Washington et Tel-Aviv invoquent la menace iranienne, notamment sur le plan nucléaire. Pourtant, certaines déclarations viennent fragiliser cette ligne officielle.
Tulsi Gabbard a affirmé devant une commission parlementaire que le programme d’enrichissement nucléaire iranien avait été neutralisé dès 2025 et qu’aucune tentative de reprise n’avait été observée depuis. Une position qui contredit directement les discours alarmistes ayant servi à légitimer l’escalade. Ce décalage rappelle des précédents lourds de conséquences, notamment la guerre en Irak en 2003, déclenchée sur la base d’arguments qui se révéleront ensuite infondés.
La stratégie israélienne d’éliminations ciblées ne se limite pas à l’Iran. En 2025 déjà, plusieurs figures du Hamas avaient été visées. Le cas le plus marquant reste celui de Ismail Haniyeh, tué à Téhéran lors d’une frappe attribuée à Israël. D’autres tentatives ont visé des responsables comme Khaled Mechaal ou Khalil al-Hayya, notamment lors d’opérations au Qatar.
Ces actions, menées parfois sur le territoire d’États tiers, posent la question de la souveraineté nationale et de l’extension des zones de conflit.
Le silence assourdissant des institutions internationales
Face à cette escalade, l’attitude de la Organisation des Nations unies interroge. Malgré la gravité des faits, aucune réaction forte ni mesure concrète n’a été engagée pour condamner ou encadrer ces pratiques.
Même constat du côté de la Cour pénale internationale, dont l’absence de position claire alimente les critiques. Ces assassinats ciblés, qui s’apparentent pour certains juristes à des exécutions extrajudiciaires, semblent échapper à toute poursuite.
Ce silence nourrit un sentiment d’impunité. Il renforce l’idée d’un ordre international à géométrie variable, où certaines puissances peuvent agir sans craindre de véritables sanctions.
Un précédent dangereux pour l’ordre mondial
Au-delà du cas iranien, ces événements créent un précédent préoccupant. L’usage assumé de l’assassinat ciblé comme outil politique et militaire risque de banaliser des pratiques jusque-là largement condamnées.
Si ces méthodes deviennent la norme, c’est l’ensemble du système international qui pourrait être fragilisé. Le principe de souveraineté, le respect du droit international et les mécanismes de régulation des conflits se trouvent directement remis en cause.
Les conséquences de cette stratégie pourraient être durables. En Iran, la disparition brutale de figures clés ouvre une période d’incertitude politique majeure. Sur le plan régional, les tensions s’exacerbent, avec un risque réel d’escalade généralisée.
Dans ce contexte, l’inaction des grandes institutions internationales apparaît d’autant plus préoccupante. Car en laissant se multiplier ces opérations sans réponse, elles contribuent, de fait, à l’érosion des règles qu’elles sont censées défendre.
L’histoire récente l’a montré : les guerres déclenchées au nom de menaces contestées laissent souvent derrière elles chaos et instabilité. Rien n’indique que la situation actuelle suivra un chemin différent.
Eric KONAN