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Cette rencontre fraternelle et stratégique a permis de réaffirmer la volonté commune des deux pays de renforcer leur coopération bilatérale et de défendre la place prioritaire de l’eau dans les politiques publiques africaines.
« L’eau, une cause africaine commune »
En accueillant son homologue ivoirien, Dr Cheikh Tidiane Dieye a tenu à souligner le caractère fraternel et stratégique de cette visite :« C’est une grande joie de revoir mon frère, ministre en charge des Eaux et Forêts de Côte d’Ivoire. Nous nous étions promis, après notre dernière rencontre en Afrique du Sud, de nous retrouver ici à Dakar pour cette 14ᵉ Assemblée générale. La Côte d’Ivoire, à travers le ministre Tchagba, a réaffirmé sa volonté ferme de soutenir et d’accompagner le Sénégal dans sa présidence de l’AMCOW », a-t-il déclaré.
Pour lui, l’enjeu dépasse la simple coopération bilatérale : « Si les États africains se donnent la main, nous pourrons lever beaucoup de défis et faire de la cause de l’eau une cause comprise et soutenue. Il s’agit d’aider nos concitoyens à accéder à une eau de qualité, en quantité suffisante et à coût abordable, afin d’atteindre les Objectifs de développement durable. »
Le président de l’AMCOW a également évoqué la Conférence internationale des Nations unies sur l’eau, que le Sénégal co-organisera avec les Émirats Arabes Unis en 2026 : « En janvier, nous aurons une réunion préparatoire ici à Dakar. Le ministre Tchagba a déjà affirmé la volonté de la Côte d’Ivoire d’accompagner et d’appuyer le Sénégal pour faire de cette rencontre un succès africain. »
Enfin, Dr Dieye a rappelé que la rencontre de Dakar devait aboutir à l’adoption de la Vision africaine de l’eau à l’horizon 2063 : « Nos experts ont déjà beaucoup travaillé. Nous allons finaliser et adopter ce document qui donnera une nouvelle direction à l’Afrique, en accord avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine. »
« une priorité au même titre que la santé et l’éducation »
Le Ministre ivoirien des Eaux et Forêts a tenu à insister sur l’importance de donner à l’eau la place qu’elle mérite dans les budgets nationaux. « Tous les présidents et premiers ministres affirment que l’eau est essentielle au développement. Mais lorsqu’il s’agit d’arbitrer les budgets, la priorité de l’eau disparaît. Il est temps que l’Afrique change cette tendance », a-t-il martelé.
Pour illustrer ses propos, Laurent Tchagba a évoqué la réalité vécue dans de nombreuses zones rurales : « Quand une jeune fille doit parcourir trois à cinq kilomètres pour chercher de l’eau, elle n’ira pas à l’école. C’est pourquoi nous devons faire en sorte que l’eau devienne prioritaire. Sans elle, la santé et l’éducation, pourtant jugées prioritaires, ne peuvent être garanties. »
Le ministre ivoirien a aussi souligné que l’adoption de la Vision africaine de l’eau à l’horizon 2063 représentait une étape clé : « Ce document, que nous allons valider ici à Dakar, permettra de porter une vision commune et de plaider auprès de nos chefs d’État pour que l’eau figure en tête de l’agenda continental. C’est une responsabilité collective, car aucun pays ne pourra relever ce défi seul. »
Enfin, il a rappelé les ambitions de son pays : « Si la Côte d’Ivoire positionne l’eau comme une priorité dans sa gouvernance, elle prendra les dispositions nécessaires pour mobiliser les ressources et atteindre les engagements internationaux, notamment ceux liés aux Objectifs de développement durable. »
Un partenariat stratégique
Cette rencontre entre les ministres ivoirien et sénégalais illustre la convergence de vues entre les deux pays, considérés comme des piliers de la sous-région. Tous deux plaident pour une mobilisation continentale autour de la question de l’eau, considérée non seulement comme une ressource vitale mais aussi comme un levier de stabilité, d’intégration régionale et de développement durable.
Comme l’a résumé Dr Dieye : « Le Sénégal et la Côte d’Ivoire, ce sont les deux faces d’une même pièce. Ensemble, nous voulons bâtir une Afrique où l’accès à l’eau ne soit plus un privilège mais un droit garanti pour tous. »
Axel KONE