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Face aux acteurs du secteur immobilier et aux partenaires institutionnels, Siriki Sangaré a dressé un constat jugé préoccupant. « L’indicateur le plus visible du déséquilibre du marché immobilier reste la hausse continue des loyers à Abidjan. Cette situation est le reflet d’un déficit structurel entre l’offre et la demande », a déclaré le président de la CNPC-CI.
Selon lui, plusieurs facteurs expliquent cette pression persistante sur les prix : une croissance urbaine rapide, la prédominance de l’autoconstruction ainsi que des coûts de production élevés liés au foncier, aux matériaux importés et au financement bancaire. « Les causes techniques sont bien identifiées. Il faut sortir de l’hypocrisie et bâtir un système pérenne où chaque partie peut jouer son rôle et réaliser son profit », a-t-il insisté.
Pour le président de la CNPC-CI, la maîtrise du foncier constitue le premier levier stratégique. Il a plaidé pour la mise à disposition de zones foncières publiques aménagées à vocation sociale et locative afin de réduire les coûts d’entrée pour les promoteurs. Une orientation qui, selon lui, pourrait favoriser la production de logements de masse. Siriki Sangaré a salué les réformes engagées par le ministère de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, notamment en matière de sécurisation des droits de propriété et de réduction des conflits domaniaux.
Autre axe majeur : le développement d’une offre locative formelle. « Tant que nous ne mettrons pas en place un mécanisme capable d’inverser la courbe, afin qu’il y ait plus de logements que de demandes, nous ne pourrons pas faire baisser le coût des loyers », a prévenu Siriki Sangaré. Il encourage ainsi les promoteurs à investir davantage dans des programmes dédiés exclusivement à la localisation, notamment dans les segments sociaux et intermédiaires. Une approche qui marque une rupture avec les modèles dominants axés principalement sur l’accession à la propriété.
Financement et mutualisation des efforts
Le président de la CNPC-CI a également évoqué la nécessité d’améliorer la bancabilité des projets immobiliers à travers des mécanismes de garantie et la mobilisation de ressources financières de long terme. La mutualisation des investissements et le renforcement des partenariats public-privé (PPP) figurent également parmi les pistes avancées. « La Chambre doit contribuer activement à cela. Nous en avons les moyens. Techniquement, nous devons y parvenir », at-il martelé sous les applaudissements.
En amont, Dr Yamoussa Coulibaly, vice-président chargé de la politique générale et des réformes, a salué les avancées enregistrées en 2025, notamment l’accompagnement de plusieurs membres dans l’obtention de leurs agréments. Il a par ailleurs annoncé une initiative stratégique pour 2026 : la facilitation de l’accès aux moteurs de chantier grâce aux mécanismes de financement portés par la CNPC-CI.
Présente à la cérémonie, Patricia Guerrier, directrice générale d’Isis Immobilier, s’est montrée optimiste. « Cela fera 50 ans en juillet que je vis à Abidjan. Nous connaissons très bien les besoins. Ensemble, nous allons faire un excellent travail », a-t-elle affirmé.
À travers cette feuille de route, la CNPC-CI affiche sa volonté de jouer un rôle central dans la transformation du marché immobilier ivoirien, avec en ligne de mire un objectif social majeur : rendre le logement plus accessible aux ménages abidjanais.
J.F.PAGNI