Pour cette première participation au plus grand rendez-vous du football mondial, l’équipe dirigée par Dick Advocaat affiche une atmosphère particulièrement sereine et soudée. Une cohésion qui pourrait s’expliquer par une décision inhabituelle prise par la fédération curacienne. Contrairement à la plupart des sélections engagées dans un Mondial, les joueurs sont autorisés à partager leur chambre avec leur épouse ou leur compagne durant toute la compétition. Un choix rare à ce niveau, assumé par l’encadrement médical et les dirigeants.
Interrogée par l’émission Globo Esporte, la médecin de la sélection, Suzanne Huurman, a défendu cette initiative : « Oui, je pense que cela peut aider, mais davantage sur le plan émotionnel que physiologique. Dans un tournoi aussi long, avoir sa famille à proximité réduit le mal du pays et apporte une forme de sérénité. » Au-delà du bien-être psychologique, cette mesure répond également à une réalité économique. La plupart des joueurs de Curaçao n’évoluent pas dans les plus grands championnats européens et ne disposent pas des mêmes ressources financières que les stars du football mondial.
« Pour de nombreuses familles, passer plusieurs semaines aux États-Unis représenterait une dépense considérable. La fédération a donc choisi de prendre en charge les frais de voyage et d’hébergement afin que les joueurs puissent rester proches de leurs conjoints et de leurs enfants », a expliqué Suzanne Huurman. Chaque international dispose ainsi d’une chambre qu’il peut partager avec sa compagne, tandis qu’une seconde est mise à disposition en cas de présence des enfants. Une attention particulière qui semble porter ses fruits. Toujours en course pour une qualification historique, Curaçao abordera son dernier match de groupe face à la Côte d’Ivoire avec l’espoir de prolonger son aventure.
La qualification des Blue Wave pour le Mondial avait déjà provoqué une immense vague d’enthousiasme sur cette île de 160 000 habitants. Les célébrations avaient dépassé les frontières de Curaçao pour gagner les Pays-Bas et plusieurs pays européens, où réside une importante diaspora.
Emmenée par son capitaine Leandro Bacuna, ancien joueur d’Aston Villa aujourd’hui basé en Turquie, la sélection rassemble des footballeurs évoluant dans une douzaine de championnats à travers le monde, de la Suisse à l’Arabie saoudite. Quelle que soit l’issue de la rencontre contre la Côte d’Ivoire, Curaçao a déjà marqué l’histoire du football de son pays. Mais portée par un état d’esprit exemplaire et le soutien total de sa fédération, la petite nation caribéenne rêve désormais d’un nouvel exploit pour poursuivre son incroyable aventure mondiale.
A.KONE