La grâce a été accordée à Yann Christian Bernard Vezilier par le président malien Assimi Goïta, par décret daté du 13 août, selon un communiqué du gouvernement malien. Elle ne constitue pas un acquittement et ne remet pas en cause la condamnation prononcée à l’issue d’un procès que les autorités présentent comme contradictoire et respectueux des droits de la défense.
Cet agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) sous couverture diplomatique avait été arrêté le 13 août 2025 avec plusieurs officiers maliens, dont les généraux Abass Dembélé et Néma Sagara. Le gouvernement l’accusait d’avoir agi pour le compte des services de renseignement français afin de mobiliser des responsables politiques, des acteurs de la société civile et des militaires dans une entreprise présumée de déstabilisation des institutions.
Paris avait reconnu qu’il était un agent français affecté à l’ambassade de France à Bamako, tout en rejetant les accusations. Le ministère français des Affaires étrangères affirmait qu’il accomplissait une mission de coopération sécuritaire et bénéficiait d’une accréditation diplomatique. Jugé en juin par la chambre criminelle du pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, Yann Vezilier avait également été condamné à une amende de 3,6 millions de francs CFA et à vingt ans d’interdiction de séjour au Mali.
Le gouvernement attribue en partie cette issue aux « bons offices » d’un pays qualifié de frère, dont il salue l’intervention discrète et respectueuse de la souveraineté malienne. L’identité de cet intermédiaire n’a pas été communiquée et aucun élément public ne permet encore de l’établir. Cette formulation confirme toutefois qu’un canal diplomatique a contribué au règlement du dossier. La décision retire un important point de friction entre la France et le Mali, dont les relations se sont fortement dégradées depuis le retrait des forces françaises en 2022 et la réorientation des partenariats sécuritaires de Bamako.
Le gouvernement malien présente la grâce comme un geste de clémence conforme à son attachement à la paix et au dialogue, tout en maintenant la validité du verdict. Paris n’avait pas encore réagi publiquement à cette décision jeudi.
APA