« Quand je serai élu, ce village sera reconstruit. Je le dis et chacun peut le noter parce que je vais le faire » a déclaré Laurent Gbagbo.
L’ex-président ivoirien, désigné candidat du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire était allé exprimer son soutien aux populations de ce « village pilier » de la capitale économique ivoirienne. Il s’est à l’occasion insurgé contre les déguerpissements inhumains qui ont endeuillé des familles dans ce village situé au cœur d’Abidjan.
« Ce n’est pas bon de casser des maisons que des gens ont passer leur vie à construire, surtout un village piller de la ville d’Abidjan », a exprimé l’ex-chef d’Etat. « Je ne suis pas d’accord avec cette manière de casser des logements sur le prétexte qu’on veut embellir (…) Je suis venu vous apporter mon soutien dans les larmes que vous versez », a soutenu Laurent Gbagbo , soulignant qu’Adjamé-village, l’un des plus vieux quartier de la capitale économique ivoirienne faut partie de « la matrice d’Abidjan ».
Au moins deux morts
En juillet 2024, des bulldozzers du district autonome d’Abidjan ont fait irruption dans ce village de la ville d’Abidjan vers 5h du matin, détruisant habitations et commerces. Les violentes manifestations de protestations qui s’en sont suivies ont fait au moins deux morts et de nombreux blessés selon un bilan dressé par la chefferie. Ces derniers affirment avoir été confrontés à des « loubards armés de machettes et de gourdins », ainsi qu’à des engins lourds utilisés pour démolir leurs habitations. Une intervention brutale qui a provoqué, selon la chefferie une résistance des habitants, se soldant par une dizaine de blessés, dont certains sont dans un état grave, et d’importants dégâts matériels. Outre Adjamé-village, ces opérations de démolition ont touché plusieurs autres quartiers de la capitale économique ivoirienne, parmi lesquelles Gesco, Boribana et Mossikro.
Dans son adresse aux populations de ce quartier d’Abidjan, Laurent Gbagbo, candidat du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire a la présidentielle de 2025 a promis de mettre fin à cette politique « injustice et inhumaine » s’il est élu président au soir du scrutin.
Cette étape a été l’occasion pour la chefferie Atchan de rappeler les douloureux événements qui ont frappé la communauté autochtone d’Adjamé en juin 2024, tout en apportant son soutien sans équivoque à Laurent Gbagbo. « Monsieur le Président, votre peuple attend de vous votre soutien pour résoudre cette situation humiliante et injuste », a déclaré le secrétaire général de la chefferie Atchan, M. Mobio Prosper, revenant sur cette tragédie qui a laissé des cicatrices profondes au sein de sa communauté.
« Ce jour-là, aux environs de 4 h 30 du matin, les populations locales autochtones d’Adjamé, et Atchan ont été attaquées par des assaillants armés de machettes, de fusils et de pierres. Cette attaque a causé la mort de 6 personnes, fait plus de 60 blessés, et laissé la population traumatisée, dépourvue de moyens, et déplacée», a relaté M. Mobio. « Cette tragédie a profondément marqué les esprits», a-t-il ajouté. La présence de Laurent Gbagbo, un an après ces événements, est donc perçue comme un geste fort, symbolisant l’attention portée aux populations marginalisées.
« Votre présence ici est symbolique et porteuse d’espoir. Elle incarne la justice, l’intégrité, et la générosité d’un leader soucieux des préoccupations de son peuple, sans distinction de race ou de religion », a fait savoir M. Mobio Prosper, tout en autorisant officiellement le président à poursuivre sa tournée sur les terres ancestrales Atchan.
La tournée « Côcôcô » s’inscrit dans un contexte politique délicat. Bien que désigné candidat officiel par le PPA-CI pour l’élection présidentielle de 2025, Laurent Gbagbo reste confronté à un obstacle majeur : une condamnation par contumace à 20 ans de prison liée à la crise post-électorale de 2010-2011, qui le rend inéligible.
Pourtant, cette contrainte juridique ne semble pas freiner les ambitions de l’ex-chef de l’État qui affiche une confiance intacte dans sa capacité à mobiliser les foules et à peser dans le paysage politique ivoirien.