Cette initiative du Secrétariat exécutif du Ccesp, avec l’appui du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (Bmz), vise à mesurer les acquis du dispositif et à identifier les leviers permettant d’en renforcer l’efficacité.
Mis en œuvre entre 2014 et 2023, ce cadre de dialogue a permis aux administrations publiques et aux acteurs privés d’examiner les contraintes qui entravent le développement de plusieurs secteurs, notamment le tourisme, la construction, l’agriculture, les transports, les hydrocarbures, les mines et l’énergie. Réalisée par un consultant indépendant, l’étude relève la grande pertinence des Rencontres sectorielles, ainsi que la bonne qualité des échanges et des recommandations formulées. Elle souligne également leur contribution à l’amélioration du climat des affaires, particulièrement dans les secteurs des hydrocarbures et du gaz, des mines et du transport terrestre.
Dans le secteur des hydrocarbures et du gaz, les échanges ont accompagné des avancées en matière de transparence, de simplification des procédures, de contenu local et de développement des compétences. Dans le secteur minier, ils ont notamment contribué à la mise en place du cadastre minier électronique, à l’amélioration des procédures de délivrance des titres miniers et à l’ouverture du processus de révision du Code minier aux organisations professionnelles.
Le transport terrestre apparaît comme le secteur où la dynamique de réforme est la plus perceptible. Celle-ci s’est notamment traduite par l’adoption de la Stratégie nationale de sécurité routière 2021-2025, la mise en place de la vidéoverbalisation et du permis à points, la professionnalisation des conducteurs, la numérisation des procédures et le renouvellement du parc automobile.
Un suivi plus rigoureux des engagements
Malgré ces acquis, l’évaluation recommande de faire évoluer les Rencontres sectorielles vers un mécanisme permanent d’accompagnement des réformes. Quatre orientations majeures sont préconisées : instaurer un pilotage couvrant toutes les étapes des réformes, traduire les préoccupations exprimées en programmes assortis d’objectifs mesurables, renforcer l’implication des cabinets ministériels et mettre en place un suivi opérationnel coordonné par le Secrétariat exécutif du Ccesp.
Pour la secrétaire exécutive du Ccesp, Mariam Fadiga Fofana, l’enjeu est de bâtir « un mécanisme de dialogue qui ne se limite pas à l’identification des difficultés, mais qui favorise également la responsabilisation des acteurs, le suivi des engagements et l’obtention de résultats tangibles ». Elle a également insisté sur la nécessité de mieux articuler les Rencontres sectorielles avec le Comité technique de concertation, les Cadres paritaires sectoriels et les Plateformes locales de dialogue public-privé, afin d’assurer une meilleure circulation de l’information et une plus grande cohérence dans le traitement des préoccupations du secteur privé.
Représentant le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa, le conseiller technique Kouassi Arnaud a réaffirmé la « pleine disponibilité » de son département ministériel à renforcer le suivi des recommandations, en collaboration avec le Ccesp et les parties prenantes.
Les acteurs du secteur privé ont salué cette perspective, tout en plaidant pour une attention accrue aux petites et moyennes entreprises (Pme) du secteur de l’énergie. Celles-ci souhaitent notamment bénéficier davantage des mesures de promotion du contenu local.
Au-delà du bilan, l’enjeu est désormais clair : faire du dialogue public-privé un véritable levier de transformation économique, capable de traduire les préoccupations des entreprises en réformes concrètes et mesurables.
A.KONE