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L’Algérie a exprimé sa « grande consternation », lundi 7 avril, après le rappel des ambassadeurs à Alger du Mali, Niger et Burkina Faso qui l’ont accusée d’avoir abattu un drone sur le territoire malien, et a décidé d’appliquer « la réciprocité » en rappelant ses ambassadeurs dans ces pays ou différant leur arrivée. L’Algérie a rejeté, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, les « graves accusations » portées par le Mali qui affirme qu’Alger a abattu l’un de ses drones sur son propre territoire. Selon Alger, les données radars de son ministère de la Défense « établissent clairement la violation de l’espace aérien de l’Algérie » par un drone de reconnaissance venu du Mali.
L’Algérie a dit regretter d' »avoir à appliquer la réciprocité et à procéder au rappel, pour consultation, de ses ambassadeurs au Mali et au Niger et à différer la prise de fonction de son nouvel ambassadeur au Burkina Faso », selon le communiqué. Le ministère algérien des Affaires étrangères a par ailleurs « regretté l’alignement inconsidéré du Niger et du Burkina sur les thèses fallacieuses du Mali ». Les « allégations mensongères » venant de Bamako « ne dissimulent que très imparfaitement la recherche d’exutoires et dérivatifs à l’échec manifeste (d’)un projet putschiste qui a enfermé le Mali dans une spirale d’insécurité, instabilité, désolation et dénuement », a fustigé Alger.
Le ministère de la Défense algérien avait annoncé le 1er avril avoir abattu « vers minuit, à proximité de la ville frontalière de Tin-Zaouatine un drone de reconnaissance armé ayant pénétré notre espace aérien » mais n’avait pas précisé sa provenance.
« Il ne s’agit pas de la première violation par un drone malien de l’espace aérien de l’Algérie mais bien de la troisième en quelques mois », a assuré le ministère algérien des Affaires étrangères dans son communiqué. À l’inverse, Bamako affirme qu’une enquête « a conclu avec une certitude absolue que le drone a été détruit suite à une action hostile préméditée du régime algérien » sur son territoire.
En conséquence, « le collège des chefs d’État de l’AES (Alliance des États du Sahel) décident de rappeler pour consultations les ambassadeurs des États membres accrédités à Alger », a annoncé l’AES dans un communiqué commun dimanche soir. Selon le gouvernement malien, dirigé par des militaires depuis un double coup d’État en 2020 et 2021, l’épave du drone a été localisée à 9,5 kilomètres au sud de la frontière avec l’Algérie.
AFP