Mercredi 30 juillet 2025, au cours de la traditionnelle conférence de presse sanctionnant le Conseil des ministres, au palais de la présidence de la République, à Abidjan-Plateau, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a apporté la réplique au camp Thiam. M. Coulibaly venait d’être interrogé au sujet d’un communiqué signé de Mathias Chichportich, avocat du président du Pdci-Rda, et publié le 29 juillet 2025. « (…) nous avons reçu une note verbale de la Commission des Nations Unies pour les droits de l’Homme et c’est la pratique en la matière. Visiblement, l’avocat auquel vous faites référence, et nous, n’avons pas reçu la même note, à moins que ce soit une façon de mériter ses honoraires auprès de son client. Mais, c’est une affabulation totale », a réagi Amadou Coulibaly.
« La note verbale est très claire… Cette note rappelle en substance que la requête des demandeurs était claire et souhaitait des mesures provisoires d’inscription de M. Tidjane Thiam sur la liste électorale. La note rejette clairement ces mesures provisoires. C’est écrit noir sur blanc », a argué Amadou Coulibaly, ministre de la Communication dans le gouvernement « Mambé ». « Le simple fait d’avoir demandé à l’État de garantir au président du Pdci ses droits politiques a permis de faire un amalgame et chercher à tromper l’opinion en prétendant que cela voudrait dire qu’il faut que M. Tidjane Thiam soit inscrit sur la liste et, participe à l’élection actuelle. Ce n’est pas ce qui est dit. Les droits politiques de M. Tidjane Thiam sont garantis, il est le président du Pdci. Il exerce ce rôle, cette fonction, sans aucune entrave. Il est libre d’aller et de venir. Donc là-dessus, ses droits politiques sont garantis », a mentionné M. Coulibaly. Il a fait observer que le Comité des Nations unies pour les droits de l’Homme ne s’est pas prononcé sur le fond de la saisine de M. Thiam, et que l’Etat de Côte d’Ivoire pourra faire ses « commentaires pour le 8 janvier 2026 ».
Candidature Ouattara
Questionné sur la candidature annoncée à la présidentielle du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, Amadou Coulibaly a expliqué qu’elle était le gage de la sécurité, aussi bien au niveau national que sous-régional. A en croire le porte-parole, face aux défis majeurs de l’heure, le numéro 1 ivoirien ne pouvait pas se soustraire des appels insistants de nombreux Ivoiriens. « Le crédit seul du président a permis à notre pays d’avoir les meilleures relations avec les investisseurs, avec les bailleurs. Par moments, il faut arrêter de penser à soi-même, il faut penser au pays. Et quand on veut penser au pays avec honnêteté et sincérité, on doit reconnaître que la seule présence du chef de l’État à la tête de notre pays apporte beaucoup d’assurance. Non seulement en interne, mais également à l’extérieur », a signifié le porte-parole du gouvernement.
Aux opposants qui dénoncent cette candidature du chef de l’Etat, la jugeant « illégale », il les a laissés « à leurs commentaires ». « Pour ceux qui ont dit mandat de trop, j’inviterai ces éminentes personnalités, pour qui j’ai beaucoup de respect, à interroger l’histoire… Je peux les comprendre, mais ce sont les Ivoiriens qui votent de façon démocratique. Si les Ivoiriens décident d’accorder un autre mandat au chef de l’État, les Ivoiriens le lui accorderont. Maintenant, pour le débat sur la constitutionnalité, nous sommes un État sérieux. Le président n’y serait pas allé si la constitution ne lui permettait pas », a avancé Amadou Coulibaly.
Marche du 02 août
Au sujet de la marche du 02 août prochain, projetée par le Front commun Ppa-Ci- Pdci-Rda, le ministre de la Communication est revenu sur les raisons de son interdiction par le préfet d’Abidjan. « Nous allons célébrer la fête de l’indépendance le 7 (août), toutes les forces sont mobilisées dans le cadre de l’organisation de cette célébration. Il ne s’agit pas seulement des troupes qui vont faire le défilé. Il s’agit de sécuriser une ville où il y aura affluence d’Ivoiriens qui vont venir de toutes les religions du pays pour célébrer ce jour anniversaire de l’indépendance de notre pays… Nous devrions pouvoir nous retrouver autour de la mère patrie à cette occasion », a posé Amadou Coulibaly.
Selon le porte-parole, devant l’indisponibilité des forces de l’ordre, il est difficile de pouvoir encadrer la marche du Front commun. « Le préfet est allé jusqu’à leur recommander d’organiser cette manifestation dans un lieu clos. Il n’y a aucune menace sur la liberté d’expression. On dit seulement pour toutes les raisons qui ont été évoquées plus haut, une marche n’est pas recommandée mais, vous pouvez même vous réunir en un lieu clos. Ce qui est un gage de bonne foi et, qui montre qu’il n’y a aucune entrave à la liberté d’expression. En tout état de cause, une décision a été prise, un acte administratif a été pris, cette marche est interdite. Et l’Etat se donnera les moyens de maintenir l’ordre. Ce n’est ni une menace, ni un avertissement, c’est un conseil. La quiétude des Ivoiriens sera préservée et c’est le rôle de l’Etat de préserver la quiétude de chaque citoyen de ce pays et, ce rôle sera assumé », a ajouté M. Coulibaly.
Cas « Alino Faso » et « Gassama »
Concernant le décès en détention, par suicide, du cyber activiste burkinabè, Alain Traoré plus connu sous le sobriquet d’Alino Faso, et l’arrestation du parlementaire malien, Mamadou Gassama, à Abidjan, le ministre de la Communication a, dans le premier cas, traduit la compassion du gouvernement aux parents du disparu, et dans le second cas, expliqué que le parlementaire est entré sur le territoire national, non pas, en tant que député, mais plutôt, comme « ouvrier ».
Sur le décès d’Alino Faso, le porte-parole a fait remarquer qu’il s’agissait bel et bien d’une mort par suicide, tel que mentionné par le procureur de la République, Brama Koné, dans son communiqué. « Je ne voudrais pas engager de polémique. Le procureur a fait un communiqué. Il n’aurait pas évoqué l’élément de suicide s’il n’avait pas suffisamment d’éléments pour le dire. Il est simplement regrettable que l’on veuille exploiter à des fins politiques le décès d’un être humain. C’est un homme qui est mort, c’est une famille qui est impacté. Il est mort malheureusement dans les conditions que nous connaissons, il s’est donné la morte et cela en rajoute à la tristesse de cet évènement, c’est malsain de vouloir l’exploiter à d’autres fins », a dit Amadou Coulibaly.
Pour ce qui est de l’arrestation de Mamadou Gassama, membre du Parlement de la transition au Mali, le porte-parole du gouvernement a reconnu le fait que ce dernier soit en détention en Côte d’Ivoire. Néanmoins, il a appris que son arrestation s’est faite que parce que M. Gassama n’avait pas fait la preuve, à travers des documents administratifs, de son appartenance au Parlement malien. « M. Gassama a été pris ici mais, à partir du moment où une procédure est engagée, vous comprenez que je me réserve de commentaires sur cette interpellation. Un parlementaire malien, oui, peut-être que l’immunité dont il jouit, c’est dans son pays. Je ne crois pas que le passeport dont il disposait était un passeport diplomatique, ce qui lui aurait conféré une certaine immunité, puisque des éléments qui nous reviennent, il était ouvrier », a clarifié M. Coulibaly.
S’agissant du journaliste béninois extradé vers son pays par la Côte d’Ivoire, le porte-parole du gouvernement a soutenu que celle-ci s’est faite dans le respect des engagements internationaux.
Notons que le prochain Conseil des ministres est fixé au 10 septembre 2025.
Axel KONE