L’orpaillage clandestin ne se jouerait plus seulement dans les campements installés au milieu des forêts ivoiriennes. Dans un communiqué publié mercredi 26 août,Ahoua Don Mellodemande aux autorités de s’attaquer aux financiers qui, selon lui, pilotent une partie de ces activités depuis l’étranger, notamment depuis Dubaï.
L’ancien ministre dit s’appuyer sur les déclarations de Seydou Coulibaly, directeur général des Mines et de la Géologie, lors de l’émission « Le Débat » diffusée sur la RTI. Le responsable du ministère des Mines y a indiqué que les services de l’État avaient identifié la chaîne de financement du phénomène. Des capitaux seraient injectés depuis la sous-région et Dubaï, avec des relais installés en Côte d’Ivoire pour recruter des géologues, mobiliser la main-d’œuvre et organiser la logistique sur les sites.
Pour Ahoua Don Mello, cette information change la nature du problème. Le phénomène a pris une ampleur nationale. Selon les données fournies dans le contexte de ce dossier, plus de 8 500 sites clandestins ont été démantelés depuis 2021 et 4 474 personnes ont été déférées devant la justice. Au premier semestre 2026, les opérations auraient permis de déguerpir 1 114 sites, d’interpeller 1 531 personnes et de détruire plus de 16 200 abris de fortune.
Malgré ces opérations, le phénomène se reconstitue. Plus de 1 600 sites clandestins seraient encore actifs sur le territoire. Les équipements utilisés témoignent également d’une évolution des pratiques : dragues, motopompes, concasseurs et engins de terrassement ont progressivement remplacé l’exploitation artisanale à la batée.
La question financière est aussi cœur du débat. Les pertes pour l’État sont estimées, dans les éléments communiqués, à 4 600 milliards de francs CFA par an. Une partie de l’or extrait échappe ainsi aux circuits officiels, tandis que les sites détruits peuvent être rapidement réinstallés grâce à de nouveaux financements.
À cette dimension économique s’ajoutent les dégâts environnementaux. Le mercure et le cyanure utilisés sur certains sites polluent les cours d’eau et dégradent les terres agricoles. Dans plusieurs zones rurales, l’activité minière clandestine entre aussi en concurrence avec l’agriculture et fragilise les moyens de subsistance des populations.
Axel KONE