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À 34 ans, le gardien des Lions de l’Atlas a répondu présent au rendez-vous que tout un pays attendait. Solide pendant 120 minutes, autoritaire dans ses sorties, rassurant pour sa défense, il a surtout fait basculer le match lors de la séance de tirs au but. Deux arrêts décisifs, un sang-froid absolu et une impression de déjà-vu, tant la scène rappelait son récital face à l’Espagne lors du Mondial 2022. La dernière tentative nigériane restera comme l’image forte de la soirée.
Après avoir déjà repoussé la frappe mal assurée de Samuel Chukwueze, Bounou s’avance face à Bruno Onyemaechi. Il part très tôt sur sa droite, semble ouvrir son but… puis jaillit dans un réflexe fulgurant pour détourner le ballon de la main droite. Parti très en avance voire trop, mais toujours avec un pied sur sa ligne, Yassine Bounou a finalement effectué une parade dans un réflexe fulgurant de la main droite. Une technique « de l’essuie-glace » qui a fonctionné à merveille. Malgré le but grand ouvert côté gauche, Bruno Onyemaechi a semblé perdre ses moyens et a frappé en direction de Yassine Bounou. Un arrêt spectaculaire, presque irréel, qui fige le stade Prince Moulay Abdellah avant de le faire exploser.
Symbole de sa concentration extrême, le portier marocain ne réalise pas immédiatement que cette parade envoie le Maroc en finale. Il faut le penalty victorieux de Youssef En-Nesyri, puis un regard vers le banc, pour qu’il comprenne enfin. L’émotion peut alors s’exprimer. Bounou est porté en triomphe par ses coéquipiers. Après la rencontre, fidèle à son image, le gardien est resté humble. Héros de cette séance de tirs au but avec deux arrêts, heureux de sa performance et de la qualification du Maroc pour la finale de la Can 2025, le gardien né au Québec a fait preuve de modestie face à la presse au moment de commenter sa superbe séance de tirs au but. Il a résumé sa réussite autour de deux éléments clés.
D’abord, le travail. « Nous avions préparé cette séance de tirs au but », a-t-il expliqué à Afrikfoot, évoquant l’analyse des tireurs et la préparation mentale menée en amont. Mais face à des adversaires eux aussi préparés, cela ne suffit pas toujours. La seconde clé est plus instinctive. « Il faut aussi s’appuyer sur l’intuition et un peu de réussite », a reconnu Bounou. Une lecture du corps, un ressenti, une confiance totale dans l’instant. Ce mélange rare qui fait basculer les grands matchs.
Héros d’un soir, Yassine Bounou est désormais plus que jamais le dernier rempart d’un rêve collectif. Dimanche, face au Sénégal en finale, le Maroc comptera encore sur lui pour tenter de mettre fin à près de cinquante ans d’attente et décrocher une deuxième Coupe d’Afrique des nations. « D’ici trois jours, inch’Allah, on va essayer de récupérer et de donner le meilleur au public marocain », a ainsi lâché le vétéran aux 86 sélections selon des propos traduits par le média Le360.
A.KONE