Au programme : rites ancestraux, danses, gastronomie et découvertes culturelles, avec l’ambition de renforcer les liens entre les communautés et de faire rayonner le patrimoine d’Arrah.
Pour le peuple Ahua, Bédiélouo va bien au-delà d’une célébration agricole. Représentant Sa Majesté Nanan Koffi Kpli II, chef de la tribu Ahua, Méa Kouadio a rappelé la portée spirituelle et historique de cette tradition, qui relie les vivants aux ancêtres et aux générations futures. Célébrée après les principales récoltes, la fête est un moment de gratitude et de renouvellement. Elle marque la fin d’un cycle agricole et ouvre une nouvelle période placée sous le signe de l’espérance et de la protection. Si des célébrations similaires existent dans plusieurs communautés Akan, Bédiélouo reste profondément ancrée dans l’identité et l’histoire du peuple Ahua.
L’édition 2026 préservera cette dimension sacrée à travers plusieurs étapes rituelles. Les cérémonies débuteront le 18 décembre par un sacrifice traditionnel, suivi d’un processus de purification. Une cérémonie sacrée et une grande parade sont prévues le 25 décembre, avant le vœu au roi, le lendemain. Les rites s’achèveront le 30 décembre avec l’adoration des rivières sacrées qui entourent le village. Au fil des années, cette célébration, autrefois réservée principalement au monarque et à sa cour, s’est ouverte aux familles et à l’ensemble de la population. Elle associe désormais spiritualité, réjouissances populaires, danses, jeux, gastronomie et valorisation des tenues traditionnelles.
Le maire d’Arrah, Harlette Kouamé Badou, a souligné l’évolution de la manifestation depuis son arrivée à la tête de la commune. Initialement organisée sur deux jours, elle s’est progressivement étendue pour offrir davantage d’activités aux visiteurs. « Bédiélouo, c’est d’abord l’affaire de la population d’Arrah, mais Bédiélouo est également l’affaire de tous les Ivoiriens », a-t-elle déclaré. « Arrah, la cité du bonheur », a rappelé Harlette Kouamé Badou en invitant les Ivoiriens à prendre part aux festivités pour découvrir « d’autres cultures » et le patrimoine culturel ancestral du peuple Ahua.
Cette ouverture se retrouve dans le thème retenu cette année. Les organisateurs veulent faire de la fête un espace de rencontre entre les communautés vivant à Arrah et dans les localités environnantes, dans un esprit de dialogue, de partage et de cohésion sociale. Côte d’Ivoire Tourisme entend accompagner cette ambition. Représentant le directeur général de l’institution, Bouazo Zégbéhi Edmond David a rappelé le soutien apporté aux éditions 2024 et 2025. Il a également invité les organisateurs à mieux faire connaître les richesses de la destination, notamment le palais royal, la pierre sacrée, les rivières, le cimetière de la royauté, les sites rocheux, l’artisanat et la gastronomie locale.
Eric KOUAKOU