François Bayrou a pris la parole, lundi 25 août 2025 à 16 h, afin d’évoquer les dossiers de la rentrée politique, notamment le projet de budget 2026. « Notre pays est en danger parce que nous sommes au bord du surendettement », a-t-il martelé. Le Premier ministre a annoncé qu’il allait solliciter un vote de confiance le 8 septembre à l’Assemblée nationale.
Lors de sa dernière prise de parole, le 15 juillet dernier, François Bayrou avait esquissé les grandes lignes de ce projet budgétaire controversé : suppression de deux jours fériés, année blanche fiscale, nouvelle réforme de l’assurance chômage… Ces propositions, fustigées par les oppositions politiques, font planer la menace de censure sur le gouvernement. Et ce alors que plusieurs mouvements sociaux sont attendus début septembre. Plusieurs partis de l’opposition, à l’instar de LFI, du RN, des Ecologistes et du PCF ont annoncé qu’ils ne voteraient pas la confiance à François Bayrou le 8 septembre.
Le gouvernement suspendu à la décision du PS
Pour obtenir la confiance du gouvernement, François Bayou doit obtenir une majorité, même simple. Mais la balance ne semble pas pencher en sa faveur, quelques heures après son allocution.
À l’extrême droite, le Rassemblement national (123 députés) et ses alliés de l’UDR (15) ont été les premiers à indiquer qu’ils voteraient contre la confiance. De l’autre côté de l’échiquier politique, les Insoumis (71), les Écologistes (38) et les communistes (17) ont annoncé leur volonté de faire chuter le Premier ministre. Soit déjà 264 voix contre, alors que les quatre groupes qui soutiennent l’exécutif (Renaissance, Les Républicains, MoDem et Horizons) totalisent 210 sièges.
Pour quitter ce siège éjectable, le Premier ministre va devoir obtenir l’aval des 23 indépendants du groupe Liot mais surtout des socialistes (66 députés), dont certains élus ont déjà fait savoir qu’ils n’accorderont pas leur confiance au gouvernement. « Nous refuserons évidemment la confiance à François Bayrou », a annoncé sur X François Ruffin. Le président du parti Debout ! reconnaît toutefois que « la France doit réduire son déficit », avant d’ajouter : « Par la fin des cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes firmes, que Macron a augmenté comme jamais. »
Le 8 septembre, François Bayrou engagera la responsabilité du gouvernement avec un vote de confiance devant le Parlement. Cela n’était pas arrivé depuis Jean Castex en 2020. Voici le nombre de fois que les Premiers ministres ont eu recours à l’article 49.1 de la Constitution.
E.KOUAKOU avec RTL