Lors d’un point de presse tenu le 16 mars 2026 dans les entrepôts de la coopérative, le responsable a dressé un tableau préoccupant de la situation. Sur place, d’importants stocks de fèves de cacao restent entreposés, illustrant les difficultés d’écoulement de la production.
« À ce jour, 729 tonnes de fèves de cacao sont stockées dans notre magasin », a indiqué Boa Stéphane. Selon lui, les producteurs sont de plus en plus mécontents. Les planteurs ayant livré leur production lors de la grande campagne ont reçu des reçus mentionnant un prix d’achat de 2 800 FCFA le kilogramme, et souhaitent être rémunérés dans des délais raisonnables.
Le président du conseil d’administration de Scanfi reconnaît que le Conseil du café-cacao a entrepris des efforts pour écouler une partie de la production. Toutefois, il souligne qu’un volume important de cacao de la grande campagne reste encore invendu, alors que le prix initialement fixé demeure une attente forte des producteurs.
Face à cette situation, Boa Stéphane plaide pour une implication directe du chef de l’État afin d’éviter une aggravation de la crise sociale dans les zones rurales. « Nous appelons à une intervention urgente du Président de la République pour surmonter cette crise qui met en difficulté la filière café-cacao, pilier essentiel de l’économie ivoirienne », a-t-il déclaré.
Dans le même élan, il a également sollicité l’implication du Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, estimant que sa rigueur pourrait contribuer à assainir la gestion de la filière.
Boa Stéphane a par ailleurs rappelé la contribution des coopératives agricoles au développement local. À titre d’exemple, la coopérative Scanfi a déjà financé plusieurs infrastructures sociales dans la région de l’Indénié-Djuablin, notamment des écoles et des forages pour l’approvisionnement en eau potable, et travaille actuellement à la construction de bâtiments destinés à accueillir un collège et un lycée.
« Les coopératives agricoles accompagnent les actions de développement du gouvernement. Aujourd’hui, nous avons besoin du soutien de l’État pour surmonter cette crise », a-t-il insisté.
Eric KOUAKOU