Le Brésil n’a finalement pas viré à droite comme l’Argentine, le Chili ou encore la Colombie, tous soutenus par le président américain Donald Trump. Il reste l’un des rares bastions progressistes en Amérique latine.
Ce qu’a accompli Lula est un véritable exploit électoral. Après avoir été distancé de deux points au premier tour, il est parvenu à l’emporter avec près de quatre points d’avance, et c’est la première fois dans l’histoire du Brésil qu’un candidat qui n’est pas arrivé en tête au premier tour parvient à renverser la vapeur, précise notre correspondant à São Paulo,Thierry Ogier.
Cela a été possible grâce à une forte mobilisation des militants de gauche entre les deux tours, notamment sur les réseaux sociaux, mais également sur le terrain, avec des manifestations monstres à la veille du scrutin. Le taux d’abstention a également été le plus faible en 20 ans, ainsi que les bulletins blancs et nuls.
Le président brésilien de centre-gauche a déclaré dimanche, après sa réélection inédite, que les Brésiliens « sont allés voter parce que nous avons réussi à les convaincre que le vote était très important pour garantir la démocratie ». Dans sa première prise de parole après l’annonce des résultats, il a ajouté que les électeurs avaient vaincu « l’ingérence » des plateformes numériques et promis de les « réguler »
Alors qu’il fête ses 81 ans mardi 27 octobre, Lula menait sa dernière bataille. Le président sortant ses s’est posé en défenseur de la démocratie et en rempart contre les États-Unis et leurs pressions commerciales et diplomatiques. Avec 45 % des voix contre 47 % pourFlavio Bolsonaro, il avait été devancé au premier tour par le fils aîné de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), condamné pour tentative de coup d’État.
Le candidat conservateur Flavio Bolsonaro a déclaré dimanche qu’il allait demander « l’annulation des élections », après sa défaite face à Lula. « Il est impossible de reconnaître les élections », a-t-il dit à Brasilia, le visage fermé. Selon lui, « beaucoup de choses restent à éclaircir » après la querelle judiciaire qui avait entraîné la prolongation des opérations de vote.
Donald Trump a dénoncé lundi 26 octobre 2026 des élections «truquées» au Brésil, au lendemain de la réélection surprise du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva face au sénateur conservateur Flavio Bolsonaro. «C’était lamentable», a déclaré le président américain, proche allié de Flavio Bolsonaro. «Franchement, ça ressemblait à une autre élection truquée… c’était tellement corrompu, tellement lamentable», a-t-il lancé avant de quitter Washington pour un meeting de campagne à l’approche des élections américaines de mi-mandat.
À l’annonce des résultats, de nombreux chefs d’État du continent américain ont salué la victoire de Lula. Pour son quatrième mandat, la marge de manœuvre du chef de l’État s’annonce cependant limitée après le raz-de-marée conservateur aux législatives il y a trois semaines.
RFI