Représentant le président de la République, Alassane Ouattara, le vice-président, Tiémoko Meyliet Koné, a appelé à renforcer les investissements dans l’éducation, la formation et les compétences afin d’accélérer la transformation économique du continent.
Pour lui, le capital humain constitue un fondement essentiel du développement économique et social. « L’efficacité des investissements et des réformes structurelles nécessaires au développement de notre économie dépend, dans une large mesure, des compétences et du savoir-faire des femmes et des hommes qui les conçoivent et les mettent en œuvre. C’est cela le rôle primordial du capital humain (…) Cette question revêt une importance particulière au regard de nos ambitions de transformation économique et sociale », a relevé le vice-président.
Face aux mutations du commerce mondial et aux transformations liées au numérique, à l’intelligence artificielle et à l’automatisation, a-t-il ajouté, les économies africaines doivent disposer de compétences techniques, scientifiques et managériales adaptées. Il a souligné que la jeunesse représente un atout majeur pour l’Afrique, à condition de lui garantir une éducation de qualité. « L’Afrique dispose d’un atout considérable : sa population majoritairement jeune. Mais ce potentiel ne pourra être pleinement valorisé que si nous parvenons à offrir aux jeunes une éducation et une formation de qualité, des compétences adaptées aux besoins de nos économies, ainsi que des perspectives réelles d’emploi et d’entrepreneuriat », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de renforcer la coopération entre l’État, le secteur privé et les établissements de formation afin d’améliorer l’employabilité des jeunes.
En Côte d’Ivoire, cette orientation s’inscrit dans la vision « Côte d’Ivoire 2030 », qui ambitionne de faire du pays une économie à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Tiémoko Meyliet Koné a rappelé les efforts engagés dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’insertion des jeunes. Depuis 2011, plus de 1,4 million d’emplois formels ont été créés, dont 1,2 million dans le secteur privé, soit 84 % du total. Cette dynamique devrait se poursuivre grâce au programme gouvernemental dédié à la jeunesse, qui vise à toucher plus de cinq millions de jeunes d’ici à 2030. L’État prévoit également de construire ou de réhabiliter plus de 164 établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle.
De véritables opportunités
Au nom de Kalil Konaté, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Amadou Koné, ministre des Transports et des Affaires maritimes, a souligné que l’Afrique dispose d’atouts considérables : d’importantes ressources naturelles, un marché en pleine expansion et une jeunesse dynamique. Ces atouts constituent de véritables opportunités. Toutefois, a-t-il relevé, ils ne se traduisent pas encore pleinement par une capacité à produire, à transformer localement les matières premières, à innover et à conquérir une place plus importante dans l’économie mondiale.
Pour lui, le véritable enjeu n’est pas seulement de disposer de ressources, mais aussi de posséder les compétences nécessaires pour les valoriser. « Il nous faut passer d’une économie largement fondée sur l’exploitation des matières premières à une économie qui transforme davantage, crée plus de valeur ajoutée, développe des entreprises compétitives et génère des emplois durables. Or, chacune de ces transformations ne peut réussir sans des femmes et des hommes bien formés, capables de maîtriser les technologies, d’innover, d’améliorer la productivité et de s’adapter aux mutations économiques. C’est pourquoi le capital humain doit être considéré non comme une simple dépense sociale, mais comme un investissement stratégique au service de notre compétitivité, de notre souveraineté économique et de notre développement », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que le Plan national de développement (Pnd) 2026-2030 prévoit une contribution du secteur privé à hauteur de 70,2 % des investissements programmés. Dans le secteur industriel, les ambitions du gouvernement visent à porter la contribution du secteur manufacturier à 20 % du produit intérieur brut (Pib) en 2030, contre 13,3 % en 2025, et à transformer localement au moins 50 % des principales matières premières. Le développement de sept grappes industrielles, ainsi que le Programme national de tutorat et de construction de champions nationaux, doivent soutenir cette dynamique.
Amadou Koné a également plaidé pour une formation davantage orientée vers les métiers, l’apprentissage et les besoins du marché. « Nous devons mieux adapter la formation aux besoins de nos économies. Il ne s’agit plus seulement de délivrer des diplômes, mais de former des professionnels capables d’exercer un métier, de résoudre des problèmes concrets et de s’adapter aux évolutions technologiques. Cela exige une implication accrue des entreprises dans l’élaboration des programmes, l’accueil des stagiaires, le développement de l’apprentissage et la formation continue », a recommandé le ministre.
Ahmed Cissé, président de la Cgeci, a indiqué que le thème de cette édition s’inscrit dans la continuité des réflexions engagées lors des précédentes éditions. « Après avoir exploré, en 2024, le rôle des services dans la transformation de nos économies, puis, en 2025, les conditions de la souveraineté économique, nous mettons cette année l’accent sur le capital humain, avec une conviction simple : il ne peut y avoir de souveraineté durable sans compétences solides, ni de services performants sans talents. En choisissant ce thème, nous invitons chacun à repenser la place du capital humain dans la performance des entreprises et la compétitivité de nos économies », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur l’urgence de rapprocher les formations des besoins du marché du travail. Ahmed Cissé a rappelé que près de 60 % de la population africaine a moins de 25 ans, alors que le continent crée environ trois millions d’emplois formels par an, pour 10 à 12 millions de jeunes entrant sur le marché du travail.
Pour le président de la Cgeci, le capital humain doit être considéré comme un investissement stratégique et non comme une simple dépense sociale. « Comme les infrastructures physiques, il prépare la croissance et accroît la résilience de notre continent. C’est aussi sur lui que reposera notre ambition de voir émerger davantage de champions nationaux et régionaux. Aucun champion ne se construit sans talents », a-t-il souligné.
Il a appelé les entreprises à accueillir davantage de stagiaires et d’apprentis, à investir dans la formation continue et à favoriser l’accès des jeunes, notamment des filles, aux métiers d’avenir.
E.KOUAKOU