Le PDCI-RDA et son président devront encore patienter. Alors que la juridiction devait examiner le contentieux opposant le parti à deux de ses militants, Tchétché Abié Charles et Siaba Antoine Constant, l’introduction d’une nouvelle procédure a conduit la juge à reporter l’audience. À l’origine de cette initiative, Me Patrice Gueu, avocat des plaignants, qui a décidé d’assigner également Tidjane Thiam afin qu’il prenne part aux débats.
L’objectif est de réunir les différentes procédures, fondées sur des contestations similaires, dans le cadre d’un même examen judiciaire. La juridiction entend ainsi permettre à toutes les parties concernées, notamment au président du PDCI-RDA, de faire valoir leurs arguments avant qu’une décision ne soit rendue.
Joint par téléphone par L’Inter, jeudi en fin d’après-midi, Me Patrice Gueu a expliqué que cette nouvelle assignation répondait à une observation formulée par la défense du parti. « Le PDCI dit : pourquoi, alors que nous visons Tidjane Thiam dans les argumentations, nous ne l’avons pas assigné lui-même ? », a-t-il rapporté. Il affirme avoir choisi la voie de l’intervention forcée pour intégrer directement le président du parti à la procédure.
Le nom de Georges-Philippe Ezaley, vice-président du PDCI-RDA et président du comité électoral lors du scrutin contesté, figure également dans l’assignation. Selon Me Gueu, sa présence est nécessaire pour éclairer la justice sur l’organisation de l’élection, l’examen des candidatures et la validation des résultats.
Une contestation persistante
Les deux militants plaignants demandent l’annulation des résolutions du 9e congrès extraordinaire du PDCI-RDA, tenu le 14 mai 2025, qui a consacré l’élection de Tidjane Thiam à la tête du parti. Ce contentieux avait déjà connu un précédent renvoi, le 30 juillet 2026, pour des motifs liés à la jonction des procédures.
À l’époque, les avocats du PDCI-RDA avaient exprimé leur étonnement, rappelant que le regroupement des dossiers avait été sollicité par la défense au nom d’une bonne administration de la justice.
Au-delà du volet judiciaire, Me Patrice Gueu affirme que ses clients font l’objet de pressions et se trouvent en situation d’insécurité. Il rapporte que Tchétché Abié Charles lui aurait demandé, le 22 octobre, de solliciter une protection après s’être senti suivi dans la rue. Il dit également être sans nouvelles de Siaba Antoine Constant depuis près d’un mois.
L’avocat évoque une campagne médiatique dirigée contre lui, tout en précisant ne pas avoir personnellement reçu de menace directe. Ces accusations, qui restent à établir, ajoutent une dimension préoccupante à cette affaire déjà sensible.
Le 19 novembre prochain, la justice devra poursuivre l’examen de ce dossier à forts enjeux politiques pour le PDCI-RDA. D’ici là, la contestation de l’élection de Tidjane Thiam demeure pendante devant les tribunaux.
J.F.PAGNI