Cette rencontre intervient dans un contexte où les autorités sierra-léonaises entendent consolider les acquis de la paix, plus de deux décennies après la fin officielle de la guerre civile, en s’attaquant aux griefs persistants et aux facteurs d’exclusion qui ont fragilisé la cohésion nationale. « Au nom de l’État de Sierra Léone, je présente mes excuses pour les souffrances que vous avez endurées et pour la protection que vous n’avez pas reçue », a déclaré Julius Maada Bio, s’adressant aux survivants du conflit, aux familles endeuillées et aux personnes dont les vies ont été profondément affectées par la guerre.
Le chef de l’État a reconnu la responsabilité de l’État dans les défaillances de protection des populations, estimant que la consolidation de la paix exigeait davantage que la stabilité politique et l’organisation régulière d’élections. Selon lui, l’unité nationale doit se traduire par la justice, l’inclusion, la responsabilité publique et une amélioration tangible des conditions de vie, notamment en matière d’éducation, de santé, d’emploi et de sécurité alimentaire.
Pour donner une portée concrète à cet engagement, Julius Maada Bio a instruit la Commission nationale pour l’action sociale (NaCSA) et les institutions compétentes de réexaminer et de renforcer le programme de réparations recommandé par la Commission vérité et réconciliation (TRC). Il a également demandé la publication, au plus tard le 18 janvier 2027, d’un rapport public sur l’application des recommandations de cette commission, chargée d’examiner les causes et les conséquences du conflit.
Le ministère de la Santé devra, en collaboration avec la Commission pour la paix et les communautés religieuses, élargir les dispositifs de santé mentale et de soutien psychosocial destinés aux personnes qui souffrent encore des traumatismes de la guerre.
Bio ferme la porte à un troisième mandat
Sur le plan politique, Julius Maada Bio a réaffirmé son engagement à respecter la Constitution et à assurer une transition pacifique du pouvoir à la fin de son mandat en 2028. « Je ne serai pas candidat à l’élection présidentielle de 2028 », a-t-il déclaré, précisant qu’il remettrait la présidence au candidat choisi par les Sierra-Léonais.
Cette annonce constitue l’un des principaux messages politiques de la conférence, organisée autour du thème « De l’accord à l’action : renforcer l’unité, promouvoir la cohésion sociale et bâtir une Sierra Leone plus pacifique grâce à la prévention des conflits ».
Avec APA