Moscou a une nouvelle fois calmé les ardeurs concernant un potentiel sommet imminent entre les présidents russe Vladimir Poutine et ukrainien Volodymyr Zelensky, argumentant qu’une telle rencontre devait être « préparée avec le plus grand soin ».
Au-delà des considérations territoriales, la question de ces garanties de sécurité, réclamées par l’Ukraine pour dissuader la Russie de toute nouvelle agression en cas de paix, est au cœur des efforts diplomatiques en cours pour trouver une issue au conflit. Européens et Américains ont évoqué ces derniers mois différentes possibilités allant de garanties similaires au fameux article 5 de l’Otan au déploiement d’un contingent militaire en Ukraine ou encore d’un soutien en matière de formation, aérien ou naval.
La Russie, qui considère l’expansion de l’Otan à ses frontières comme l’une des « causes profondes » ayant mené au conflit, rejette de son côté catégoriquement la plupart de ces éventualités. M. Lavrov a accusé les dirigeants européens, qui ont accompagné lundi M. Zelensky lors de sa visite à Washington, de mener à une « escalade agressive de la situation » en cherchant « maladroitement » à influencer Donald Trump pour qu’il continue à armer l’Ukraine. Et il a dit l’opposition de la Russie au travail qui est en cours sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine. « Discuter sérieusement de garanties de sécurité sans la Russie est utopique, c’est une voie qui ne mène nulle part », a asséné mercredi 20 août le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, pour qui « les questions de sécurité collective » ne peuvent être abordées « sans la Russie ».
M. Trump, qui a reçu M. Zelensky lundi après s’être entretenu avec M. Poutine vendredi en Alaska, souhaite désormais organiser un sommet entre les deux dirigeants, auquel le Kremlin est selon lui favorable. Moscou envisage pourtant un tel sommet seulement dans la phase finale des négociations devant mener à un accord de paix. Sergueï Lavrov a indiqué mercredi que cette rencontre ne devait pas être précipitée pour qu’elle ne débouche pas sur une « détérioration de la situation ». Le président russe a proposé, au téléphone lundi soir avec M. Trump, de voir M. Zelensky à Moscou, selon l’AFP, mais le chef d’État ukrainien a refusé.
Sur le front, l’armée russe poursuit sa progression. Elle a revendiqué mercredi la prise de trois nouvelles localités dans les régions de Donetsk (à l’est) et de Dnipropetrovsk (dans centre-est), face à un adversaire moins nombreux et moins bien équipé.
Avec Afp