Arrêté le 18 juin 2026 à Port-Bouët, dans le quartier de Terre Rouge, Alloui Brou Jacques demeure détenu dans le cadre de l’enquête sur les démolitions intervenues à Koumassi Campement. Face à la presse, le procureur de la République a indiqué que le mis en cause se trouve actuellement dans « un endroit sécurisé ». Selon Braman Koné, son état de santé est bon et il reçoit régulièrement la visite de ses proches.
Le procureur a surtout justifié son maintien en détention par des considérations liées à sa sécurité. « Garder Alloui Brou, c’est sauver sa vie », a-t-il déclaré, estimant qu’une remise en liberté pourrait l’exposer à la « vindicte populaire » en raison des conséquences de l’opération de démolition.
Autre précision apportée au cours de la conférence de presse : l’étendue exacte de la zone touchée par les démolitions. Alors que des informations avaient fait état d’une superficie de 34 hectares, les vérifications effectuées auprès des services du cadastre retiennent finalement une superficie de 6 hectares 88 ares. Au total, 250 lots ont été démolis. Le procureur a précisé que 28 lots disposaient d’un ACD, tandis que quatre étaient couverts par un titre foncier. Cinq autres dossiers de morcellement étaient, selon les éléments présentés, en cours.
Braman Koné a expliqué s’être rendu lui-même sur les lieux avant de solliciter les services du cadastre afin de disposer d’une évaluation précise de la zone concernée. Cette vérification vise notamment à distinguer la superficie effectivement démolie des chiffres plus importants avancés dans les premières informations sur l’affaire.
Cissé Bacongo entendu par les enquêteurs
L’enquête s’intéresse également au rôle du district autonome d’Abidjan. Le gouverneur du district, Cissé Bacongo, a été entendu par les enquêteurs, a confirmé le procureur. Selon les explications rapportées par Braman Koné, le gouverneur aurait justifié l’intervention du district par la mise en œuvre du plan ORSEC, un dispositif destiné à coordonner les secours et les interventions face aux catastrophes ou sinistres majeurs.
Interrogé sur les éventuelles suites judiciaires pouvant concerner le gouverneur, le procureur a rappelé les dispositions constitutionnelles relatives au statut des membres du gouvernement et leur responsabilité. Il a notamment évoqué l’article 158 de la Constitution ainsi que les compétences respectives de la Haute Cour de justice et de la Cour de cassation selon la situation juridique retenue. À ce stade, l’enquête doit encore établir les responsabilités éventuelles des différentes personnes entendues ou citées dans le dossier.
Le nom du député de Gouméré-Tabagne, dans le département de Bondoukou, apparaît également dans l’enquête. Selon les déclarations du procureur, Diabagaté Moussa est soupçonné d’avoir joué un rôle dans la coordination et le financement de l’opération de démolition. Il lui est également reproché, toujours selon les éléments présentés par le parquet, d’avoir convaincu le fils d’Alloui Brou Jacques d’inciter son père à publier une vidéo revendiquant l’opération.
Pour permettre son audition par les enquêteurs, une requête visant la levée de son immunité parlementaire a été engagée, a annoncé Braman Koné. Le procureur a expliqué que cette démarche doit permettre aux enquêteurs d’entendre le parlementaire et de recueillir sa version des faits avant de déterminer les responsabilités éventuelles.
L’enquête se poursuit
Avec ces nouvelles précisions, le parquet entend clarifier les circonstances entourant les démolitions de Koumassi Campement et le rôle des différents protagonistes cités dans le dossier. La procédure reste toutefois en cours. Les responsabilités individuelles devront être établies à l’issue des investigations et dans le respect des procédures judiciaires applicables.
Eric KOUAKOU