C’est dans cet esprit qu’il a reçu, lundi 28 septembre, à son cabinet situé à la Tour A de la Cité administrative, à Abidjan-Plateau, une délégation du Bureau exécutif de la Fitkd. Cette rencontre, sollicitée par le président de la Fédération, Jean-Marc Yacé, actuellement en déplacement hors du pays, devait permettre aux responsables fédéraux de présenter leur part de vérité sur les griefs formulés à l’encontre de l’Assemblée générale du 28 décembre 2025.
Au cours des échanges, Adjé Silas Metch a réaffirmé sa volonté de maintenir une posture de neutralité et de ne pas s’immiscer au-delà de ses prérogatives dans les affaires internes de la Fédération. Pour autant, le ministre n’entend pas rester indifférent face à une situation susceptible de fragiliser davantage une discipline qui constitue l’un des fleurons du sport ivoirien. Il a ainsi encouragé les différentes parties à privilégier le règlement en famille, par le dialogue et le compromis, plutôt que de s’engager dans une confrontation judiciaire. Une approche qui traduit, selon des proches de la Fitkd, la volonté du ministre de rechercher une issue durable à la crise.
Adjé Silas Metch a également invité les acteurs concernés à ne pas réduire le règlement de la situation à une simple lecture des textes. « Se cacher derrière les statuts pour espérer prospérer » ne saurait, selon lui, constituer une solution lorsqu’un dialogue est encore possible. Le ministre s’est référé à des situations similaires ayant concerné d’autres disciplines sportives, où la médiation avait permis de contribuer au retour au calme.
Selon cette source, la délégation de la Fitkd a, de son côté, souhaité obtenir un cadre de travail permettant d’examiner, de manière méthodique et contradictoire, les différents griefs soulevés contre la Fédération. Maître Soumahoro Ibrahima, membre de la délégation, a ainsi expliqué que la démarche consistait notamment à échanger, point par point, avec les responsables juridiques du ministère afin de présenter les éléments factuels et documentés dont dispose la Fédération. L’objectif est de permettre à la tutelle de disposer d’une lecture complète du dossier avant le tête-à-tête annoncé entre le ministre et le président Jean-Marc Yacé.
Sensible à cette démarche, le ministre a immédiatement instruit son directeur adjoint de cabinet et responsable juridique, Abissa Konan, de prendre les dispositions nécessaires pour organiser une séance technique de clarification dans les meilleurs délais. « Monsieur le ministre a tenu à affirmer sa posture de neutralité et a souhaité que les parties privilégient un règlement en famille, par compromis, plutôt que la voie judiciaire », rapporte cette source qui souligne que la délégation fédérale s’est retirée satisfaite d’avoir été entendue au plus haut niveau et d’avoir obtenu un accord de principe pour la tenue d’une séance de travail juridique approfondie.
Au-delà du seul dossier du taekwondo, cette démarche s’inscrit dans la vision portée par le ministre des Sports pour l’année 2026. Dans un contexte marqué par d’importants défis pour le sport ivoirien, Adjé Silas Metch entend rester focalisé sur les axes prioritaires tout en renforçant la synergie entre l’administration, les fédérations et l’ensemble des acteurs du mouvement sportif.
Cette volonté de concertation traduit une approche qui privilégie la recherche de solutions, la responsabilité collective et la préservation des acquis du sport ivoirien. Dans un environnement où les performances sportives sont étroitement liées à la stabilité et à la cohésion des structures dirigeantes, la qualité du dialogue entre la tutelle et les fédérations apparaît comme un enjeu majeur.
Les bonnes intentions affichées par le ministre, ainsi que les efforts engagés pour rapprocher les positions, témoignent en tout cas d’une volonté de ne ménager aucun effort lorsqu’il s’agit de préserver l’intérêt général du sport ivoirien. L’objectif étant de consolider les acquis, d’élever davantage le niveau de performance et d’inscrire durablement le sport ivoirien dans une dynamique d’excellence.
Pour la Fitkd, la prochaine séance de travail technique devrait donc constituer une étape importante dans la recherche d’une issue à la crise. La Fédération réaffirme, pour sa part, sa disponibilité à collaborer avec la tutelle dans un esprit de transparence, estimant que l’examen des faits et des documents permettra de favoriser un règlement durable et équitable de la situation.
Dans cette perspective, le dialogue engagé par le ministère pourrait ouvrir la voie à une clarification nécessaire et, au-delà, contribuer à restaurer la confiance entre les différentes composantes de la famille du taekwondo ivoirien.
Eric KOUAKOU