|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Dimanche, la Fifa a officialisé la levée de la suspension automatique de l’attaquant américain en s’appuyant sur l’article 27 de son Code disciplinaire. Une décision qui a immédiatement déclenché une tempête médiatique, d’autant qu’elle intervient après des informations faisant état d’un appel du président américain Donald Trump à Gianni Infantino afin de demander un réexamen du dossier. Si cette affaire est sans précédent à l’ère moderne, elle rappelle pourtant un épisode qui a marqué l’histoire de la Coupe du monde.
Retour en 1962, au Chili. Privé de Pelé, blessé dès le début de la compétition, le Brésil s’appuie sur un Garrincha étincelant pour poursuivre sa route vers un deuxième sacre mondial. En demi-finale contre le Chili, l’ailier inscrit un doublé avant de se retrouver au cœur d’une altercation avec un adversaire. Expulsé en fin de rencontre, il est théoriquement suspendu pour la finale face à la Tchécoslovaquie. Mais les heures qui suivent donnent lieu à d’intenses tractations en coulisses.
Selon plusieurs récits historiques, le Premier ministre brésilien Tancredo Neves intervient personnellement afin de soutenir la Fédération brésilienne auprès des dirigeants de la Fifa. Dans le même temps, l’incident impliquant Garrincha, pourtant signalé par l’arbitre assistant, disparaît du rapport officiel rédigé par l’arbitre péruvien de la rencontre. Le lendemain, la commission disciplinaire de la Fifa prend tout le monde à contre-pied.
Comme le rapporte le quotidien brésilien Estadão dans son édition du 15 juin 1962, Garrincha n’est finalement pas suspendu. « Garrincha a seulement reçu un avertissement de la Commission de la Fifa », écrit alors le journal, tandis que son adversaire chilien Landa écope, lui, d’un match de suspension et manque la rencontre pour la troisième place contre la Yougoslavie.
Le président de la Fifa de l’époque, Sir Stanley Rous, justifie cette décision en expliquant que le geste reproché au Brésilien était intervenu « lors d’un duel pour le ballon ». Une explication qui ne convainc pas tout le monde mais qui permet à la star brésilienne de tenir sa place en finale.
Quelques jours plus tard, le Brésil s’impose 3-1 face à la Tchécoslovaquie et décroche la deuxième Coupe du monde de son histoire. Garrincha, héros du tournoi, entre définitivement dans la légende. Plus de six décennies après cet épisode, le parallèle avec l’affaire Balogun saute aux yeux. Dans les deux cas, une expulsion semblait entraîner une suspension automatique. Dans les deux cas, la décision est finalement annulée au terme d’un processus qui soulève des interrogations. Et dans les deux cas, des soupçons de pressions politiques ou institutionnelles viennent alimenter la controverse.
La différence est qu’en 1962, l’affaire s’était jouée dans une relative opacité. En 2026, à l’heure des réseaux sociaux, de l’information en continu et de la transparence exigée par l’opinion publique, le « Balogun Gate » prend une dimension mondiale et remet une nouvelle fois en question l’indépendance de la Fifa face aux influences extérieures.
E.KOUAKOU