À la veille de cette rencontre à élimination directe, le sélectionneur des Éléphants, Emerse Faé, a donné le ton. Lucide et déterminé, il a insisté sur l’état d’esprit qui devra guider son équipe dans une compétition où l’erreur ne pardonne plus. « À partir de maintenant, il n’y a plus de calcul. C’est un match à gagner. Le Burkina Faso est une équipe très disciplinée, bien organisée, avec des joueurs expérimentés. Nous devrons être sérieux, solidaires et efficaces. La CAN se joue aussi au mental », a-t-il déclaré en conférence de presse. Pour le technicien ivoirien, la qualification pour les huitièmes n’est qu’une étape, jamais une finalité. Son discours s’inscrit dans une logique de continuité et d’exigence permanente, loin de tout relâchement. Chaque match est une responsabilité supplémentaire, chaque performance un test du caractère collectif.
L’histoire rappelle que les confrontations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont relativement équilibrées. En vingt rencontres, les Éléphants comptent neuf victoires, contre trois pour les Étalons, tandis que huit matches se sont soldés par un nul. Mais le dernier affrontement reste encore vif dans les mémoires ivoiriennes, avec une défaite 2-1 qui nourrit un esprit de revanche assumé. « Il faudra prendre notre revanche. Le Burkina Faso est une équipe athlétique, disciplinée et très forte en transition. Nous devrons rester concentrés du début à la fin », a insisté Emerse Faé.
Motivés et prêts à se surpasser
Après une phase de groupes maîtrisée, la Côte d’Ivoire a bénéficié de quelques jours de repos, utilisés pour recharger les batteries sans rompre la dynamique. Un équilibre que le sélectionneur juge essentiel avant d’aborder les matches couperets. « Ces jours nous ont fait du bien. On a pu souffler, profiter des familles, puis reprendre le travail dès le 2 janvier. Les séances des 3 et 4 janvier ont été de bonne qualité », a-t-il expliqué, soulignant l’implication constante de son groupe. Le match face au Gabon, notamment, a renforcé certaines certitudes dans l’esprit du staff. « Il nous a donné des garanties. Tous les joueurs sont impliqués, motivés et prêts à se surpasser », a assuré Faé.
Sur le plan offensif, les Éléphants semblent également avoir franchi un cap. Les dernières prestations de la sélection marquées par plusieurs buts inscrits, ont redonné confiance à l’équipe. « Marquer quatre buts, même si l’un a été refusé, est encourageant. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas marqué plus de deux buts dans un match. J’espère que cette efficacité va se poursuivre », a souligné le sélectionneur. Jean-Philippe Krasso, l’un des piliers de l’attaque ivoirienne, partage cette confiance mesurée. « Ce sera un match difficile, mais nous sommes prêts. Le plus important sera de rester concentrés et de jouer ensemble. Dans ce genre de match, c’est l’équipe qui fait la différence », a-t-il confié.
Championne d’Afrique en titre, la Côte d’Ivoire avance avec un statut à assumer, mais sans s’y réfugier. Pour Emerse Faé et ses joueurs, ce titre n’est pas une protection, mais une exigence permanente. Dans cette Can 2025, chaque match est une épreuve de vérité, et le huitième face au Burkina Faso s’annonce comme un premier grand test du mental ivoirien.
A.KONE